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le gardien des rêves. (caïn)
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Les Briseurs de Silence

 le 24/2/2017, 00:26

ft. caïn

Midi s'élève au zénith, et Theo observe le ciel en plissant les yeux. Cela doit faire probablement une cinquantaine de midis que Theomoros a passé à l'ombre des toits, enfermé dans l'étouffante chaleur de la salle de restauration, emplie de corps et de cris, sans jamais sentir la caresse de la brise sur sa joue ; oh, cela lui manquait. Des effluves chatouillent ses narines, parfums d'épices et de fleurs, la senteur du vent chargé d'humidité ; cela lui évoque un passé déjà trop éloigné. Des souvenirs caressent ses paupières, menaçant de lui faire oublier où il est - Scyhm, c'est l'incarnation de la liberté, le seul endroit où un homme comme lui peut s'échouer au terme du naufrage. Il n'aime pas tellement la ville, car elle n'a pas le charme des merveilles d'une forêt de jade, ou d'une jungle de sable ; mais il s'y sent chez lui. Pas tout à fait en sécurité, mais il respire. Il n'en demande pas plus ; la mort lui fait un peu peur, des fois, car il sait qu'elle serait douloureuse. Et Theo en a assez de souffrir. Assez de ce calvaire qui n'en finit pas, alors même qu'il a été déchu de ses quelques privilèges. Ses doigts se portent à son œil gauche, aux deux points qui soulignent sa courbe. Il retient un soupir. Les rues sont désertes, mais qui sait quel œil se pose sur lui ?

Quelques pas énergiques (peut-être agacés, peut-être irrités) le mènent au niveau du barrage qui borde le port. Theo aime bien l'endroit ; fixer son regard sur le cours du fleuve, dont il ne verra plus jamais la source, tend à l'apaiser. Surtout lors de ces rares moments où Theo est exempté de servir pour le déjeuner. Le spectacle est familier, délicat. L'ancien prophète envisage de s'installer un peu plus loin, de s'asseoir et de contempler les nuages - il y trouvera peut-être l'inspiration pour ses prochains dialogues avec Musei. Mais une silhouette attire son attention ; une petite tache sombre qui a la forme d'un homme. Quelque chose éveille un souvenir, et c'est d'instinct que Theo, contre toute prudence, s'approche. Ses yeux se posent sur Caïn, embrasse sa forme prostrée ; ses lèvres s'étirent légèrement - et c'est déjà beaucoup, qu'il y ait plus que de la chaleur dans son regard, cela en dit long sur l'amitié qu'il peut lui porter. Theo s'accroupit à ses côtés, passe sa main devant ses paupières closes pour s'assurer qu'il dorme ; sa paume effleure la chevelure du jeune homme. Puis il se détourne, et observe les passants. Il y en a toujours ; des gens en qui il ne peut pas avoir confiance, des gens susceptibles de profiter de la vulnérabilité qui s'étale en plein jour. Theo a l'habitude de la peur. Alors il veille. Il attendra en silence que Caïn se réveille.

(Peut-il faire confiance en Caïn ? sans doute pas ; on ne peut livrer sa vie à quelqu'un dont on ignore trop de choses. Et pourtant il en a envie.)

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Ceux qui défient les Dieux

 le 24/2/2017, 10:09

paint me a wish on a fucking velvet sky
Musique

Le rêve semble réel quand on y est, ce n’est que quand on se réveille qu’on se rend compte qu’il avait quelque chose d’étrange... - Inception

L'astre solaire est au plus haut dans le ciel ; astre qu'il contemple d'un œil à moitié ouvert, un poil trop prit par la fatigue et ses excès de la veille. Sans dire un mot, comme à son habitude, Caïn fixe, reluque les coins, écoute les "on dit", s'abreuve des fantaisies d'autrui en usant d'une curiosité morbide. Et c'est dans ce genre de moment qu'il devrait se mettre à courir, juste pour s'extirper de ce quotidien un poil trop chiant, qui l'éreinte avec une facilité déconcertante. Les mains dans les poches, le dos à moitié recourbé en avant, boitant légèrement de sa jambe flottante, il ne peut s'empêcher de claquer sa langue sur son palet, de souffler entre ses dents, de tiquer sur les regards un peu trop persistant. Et il sait qu'il pourrait facilement succomber à sa colère, cette émotion est devenue une entité à part entière en lui ; mais Caïn reste calme, comme imperturbable, alors qu'intérieurement, c'est une tempête qui se déchaîne.

Ses pas le porte vers la beauté d'un monde, ses pas le porte vers un endroit qu'il n'a pas l'habitude de contempler, mais qu'à cela ne tienne, Caïn avait besoin de changer un peu ses habitudes ; de voir autre chose, de déambuler de sa démarche non finalisé ; avec nonchalance, économisant les forces de sa jambe avec parcimonie. Les nuages vont et viennent, le soleil se voile et réapparaît comme le réveil après un mauvais rêve... Et son regard se pose une nouvelle fois sur cette étendue bleu et vaste, qui lui aspire à la fois ce qu'il est, mais aussi ce qu'il n'est pas. Peut-être qu'il désespère dans le fond, peut-être que le chien se fait vieux et fatigué, peut-être en a-t-il tout simplement assez de cette vie qu'il se contente de regarder défiler ? Haussement d'épaule en réponse à ses réflexion internes, la torpeur vient le tirer cruellement de ses songes les plus secrets, le faisant tanguer un peu comme un bateau perdu en mer sans capitaine... Il s'échoue avec toute cette misère humaine pesante sur ses robustes épaules, s'allongeant de toute sa longueur sur le ventre, comme s'il s'était vautré sans le prévoir. Mais il est habitué Caïn, à tomber partout de sommeil ; c'est sans doute une malédiction que lui a infligé Hypnos ; qui sait ?

Et dans les limbes il revoit des images, celle d'un long-métrage qui se trouve être sa vie d'autrefois, fragments d'un passé oublié qu'il a rejeter avec facilité ; et voilà que le monde des rêves vient lui rappeler ses erreurs, ses doutes, ses incompréhensions ; atténuant sa peine, décuplant sa fureur. Sa haine contre le monde se met à tournoyer, intérieurement, il meurt de toute cette haine, il succombe et s'évapore à cette rage incandescente. Son monde en déclin le tire vers sa propre fin, Caïn signe sans regarder, il signe son arrêt de mort, l'apogée. Les paupières se rouvrent, lentement, le soleil beaucoup trop vif pour sa rétine désabusée ; il se tourne un peu, se cache derrière les manches de sa veste... Et vient la découverte d'une présence réconfortante à ses côtés, une chaleur enivrante et une confiance retrouvée. Soupir bref tant-dis-qu'il se redresse, une main dans sa chevelure qu'il ébouriffe pour se réveiller définitivement ; murmurant pour lui-même... « Et J'me suis encore effondré p'tain. » Ce train de vie fatiguant l'épuisait franchement. La main glisse sur sa nuque qu'il masse légèrement, comme pour calmer une nausée, comme pour recouvrer ses sens, pour éloigner les mauvaises pensées ; pour calmer le sang qui tape dans ses veines comme la rage qui fait battre son cœur. Son regard se porte sur toi et un sourire en coin apparaît ; heureux de te voir ; sentiment qu'il n'avait pas ressenti depuis bien, trop, longtemps. « Theo... » Ton prénom, une sentence, une évolution, le chaînon manquant. La confiance va de paire avec la méfiance, mais avec toi à ses côtés, il oubli un peu les codes de la bienséance ; il oublie ses erreurs passés, sans aucune honte... « Je suis content de te voir. Que viens-tu faire dans le coin ? »

Raconte moi, dis moi.
Toute ces choses que je ne connais pas.
Que ce soit sur le monde, ou sur toi.
Livre toi, délivre moi.


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 le 24/2/2017, 13:53

ft. caïn

Alors que ses yeux coulent sur les passants, Theo songe au don du sommeil. Il ne doit guère être aisé, de sentir subitement ses paupières devenir trop lourdes, d'être forcé de s'abandonner aux endroits les plus incongrus. Et pourtant, il y a une pointe de jalousie en Theo. Les cernes qui soulignent son regard témoignent de trop nombreuses nuits blanches - nuits d'insomnie où Theo s'empêche de rêver, jusqu'à ce que l'épuisement l'emporte et lui offre les pires songes. Parfois, Theo aimerait bien ne plus être prophète ; il en a assez de ces visions, car même les moins violentes l'étouffe d'angoisse. Oh, Caïn n'a pas l'air tout à fait apaisé ; la langue d'argent lit le trouble sur le visage du museleur, à ses paupières plissées qui lui refuse le regard. Theo se demande de quoi il rêve. Il sait aussi qu'il n'aura probablement jamais le courage de lui demander - il est trop passif, Theo, il ne sait pas prendre trop d'initiatives ; mais il apprend.

Les paupières enfin se lèvent, le corps bouge, et Theo reporte son attention sur Caïn se réveillant - un peu rassuré, pour être honnête, que personne ne s'est approché de lui. Theo ne dit rien ; il le laisse prendre progressivement conscience du reste du monde, de sa présence amicale et discrète à ses côtés. Il y a quelque chose d'étrange entre eux, c'est qu'il leur semble naturel de bien s'entendre. Theo ne sait pas grand-chose de Caïn, des drames de son passé ; il perçoit juste une once de mélancolie, juste assez pour penser à sa propre situation - un peu comme s'ils étaient réglés sur la même longueur d'ondes. « Bonjour. » : répond-t-il - et c'est simple, c'est net, comme une incision qui fend la peau sans la déchirer (et les déesses savent combien de fois il en a été témoin, de ce spectacle). Il y a une vraie douceur sur le visage froid de Theo ; une décontraction qu'il ne saurait jamais mimer.

Et peut-être qu'en d'autres circonstances, il aurait répondu qu'il ne fait rien ; parce que ce serait l'entière vérité, quoiqu'un peu crue, servie sans la moindre délicatesse. Theo n'aime pas parler. Ses mots n'ont jamais vraiment été les siens, à part, peut-être, les mensonges - et il n'a jamais pu dire qu'il mentait et mentait encore, il a vu ce qu'était la haine provoquée par le mépris. Le mépris de Caïn serait un poids trop lourd. « J'occupe ma pause déjeuner. Je ne travaille pas, aujourd'hui. » Et il n'a pas faim, Theo, il a pris le pli de manger plus tôt - une habitude un peu indigne, mais qu'il accepte sans se poser de questions, car il accueille avec soulagement toute décision qui n'est pas de son fait. « Et toi ? » Est-ce que tu venais me voir ? pourrait demander Theo, mais ses lèvres se ferment bien trop tôt. Il n'a peut-être pas envie de savoir, peut-être pas envie d'une désillusion qui lui serait bien trop cruelle. Il préfère attendre, toujours accroupi, que Caïn se relève. Derrière lui, son long manteau noir s'étale au sol, telle une rivière d'encre qui s'enfuit de son âme tourmentée.

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 le 24/2/2017, 15:11

in my shoes just to see what it's like to be me
Musique

Il faudrait marquer en grand sur tous les tableaux des écoles du monde ; la vie est une cours de récréation, sinon, elle n'est rien. — Mr Nobody

Fidèle à toi-même Theo ; tu parles peu, tu uses peu des codes relationnels courants ; et ça le ravit dans un sens Caïn. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il se sent plus proche de toi de cette façon ; parce que lui non plus n'est pas très doué avec les mots ; usant d'avantage ses poings et sa tête plutôt que sa langue ; et pourtant, il sait aboyer comme personne ; insulter aussi ; peut-être parce que c'est facile, bien plus que de prononcer des mots du cœur. Lui, il crache sur la véracité des sentiments, rejette les émotions positives comme la dépendance envers autrui, tout cela pour s'éviter de souffrir. Mais dans un sens, il a raté son coup, il a bafoué une de ses règles, parce qu'encore une fois, de quelqu'un, il se sent proche ; et c'est tombé sur toi. Au fond de lui, l'animal sauvage sent la faille dans le processus, l'erreur dans le résultat de l'équation ; bien trop beau pour être vrai, sa méfiance naturelle reprend le dessus. Il ne sait pas qui tu es, ni ce que tu fais, Caïn sait juste qu'il se sent bien avec toi et qu'il n'a pas besoin de plus. Il sait que t'as les yeux déformés et un voile noir marqué sous ces derniers ; preuve de ton incapacité à trouver le sommeil. Dans un sens, il dort assez pour deux Caïn ; condamné à dormir plus que tout le monde, il vivra plus dans le monde onirique que sur le monde sans nom, c'est une évidence, sa providence, l'ultime sentence.

Et il se masse avec lenteur ses épaules engourdies, regarde autour de lui les gens qui passent et qui arborent un sourire ; il dégueule sur ça, sur cette joie de vivre presque trop niaise, presque trop belle pour être vrai ; et il attend Caïn. Ton bonjour le fait sourire, furtivement, mais sûrement ; tu avais cette capacité-là Theo, que beaucoup n'avaient pas. Certain pourrait voir ta réplique comme une réponse cinglante, comme une parole tranchante ; mais pas lui. Caïn sait, il comprend, vous n'êtes pas si différents ; parler trop ? Ce n'est pas votre genre, ou en tout cas, cela dépendait de la personne à vos côtés... Mais avec toi, il se sent capable d'aligner plus de dix syllabes ; conscient du revers de la médaille ; ne pas oublié ce qui la conduit à se méfier des gens. Tapotant sur ses vêtements pour enlever les particules de poussières qui avaient prise place durant ses quelques minutes de battement dans le monde des rêves, le jeune homme se contente d'ouvrir la bouche pour ne rien dire et tu prends la parole aussitôt, après avoir cogité. Le repas... La faim... Sensation naissante dans le creux de son estomac endolori, mais qu'il n'assouvira pas aujourd'hui ; nauséeux, beaucoup trop dans le mal pour arriver à avaler quoi que ce soit. Alors il hoche la tête, simplement, en guise de réponse, tout cela parce qu'aligner quelques mots en cet instant le replonge d'avantage dans une fatigue latente. Et il déteste ça Caïn, ça l'horripile de s'effondrer si faible sous le regard d'autrui ; de gens qui n'hésiterait certainement pas à le déposséder de tout et de rien ; comme on l'avait déjà dépossédé de sa fierté par le passé.

'Et toi ?' Que tu lui demandes et il y a un arrêt sur image. Les yeux écarquillés et un sourcil froncé de surprise, le museleur se demande bien quoi répondre. Que peut-il répliquer à cette question ? Tu es accroupi, peut-être attends-tu qu'il se relève pour que vous puissiez vous balader ensemble dans les recoins de Scyhm ; une idée qui ne lui déplairait pas, bien au contraire. Continuant de réfléchir, il amorce l'ascension, un poil trop rapidement, tant bien qu'il s'affaisse en se rattrapant sur ton épaule, la jambe droite de nouveau douloureuse. « Merde... 'Scuse-moi Theo. » Reculant aussitôt en se massant le genou droit, avec beaucoup plus de force quand il remonte sa main sur sa cuisse, soulager la douleur, par n'importe quel moyen... Putain de jambe de merde qui n'écoute pas ce que je lui dis. Le voilà qui tape du pied à cette pensée, vérifiant la fonctionnalité de son membre, lueur carmine et enragé vient naître au creux de ses pupilles azurées. Jamais il ne pardonnerait, jamais il n'oublierait ; son handicap était là pour le lui rappeler.

Main dans les poches, c'est sa capuche qui vient trouver une place sur sa tête pour se cacher du soleil bien trop puissant pour ses mirettes, amorçant une démarche lente avant de se tourner vers toi, prêt à te donner une réponse. « Comme toi camarade, aujourd'hui, je suis libre. » Tout était relatif quant à sa notion de liberté, aujourd'hui, il ne ferait qu'observer les alentours, aux aguets, prêts à agir s'il en ressent l'utilité. Mais le chiffre sur son poignet dégringole plus vite qu'il ne l'aurait imaginé ; peut-être qu'un jour, le zéro pointé lui sera attribué ? Haussement d'épaule et soupir fugace, Caïn enfonce un peu plus sa tête dans ses épaules, cherchant un moyen de se réveiller, de s'extirper des bras de Morphée. Quelle merde bordel. « Je dois te remercier. T'as veillé sur moi pendant que je tapais causette avec Morphée ; j'apprécie... »

Les remerciements sont rares ; surtout venant de sa part. Se massant la nuque et pinçant ses lèvres en guise de gênes, son regard reste suspendu sur les horizons, ne pouvant s'empêcher de regarder encore et toujours les passants, leur sourire ou leur masque de faux-semblants. Nostalgie et mélancolie sont ancré sur son visage, jusque dans sa démarche de boiteux, Caïn en a conscience ; beaucoup trop conscience. « En tout cas, ça me fait plaisir de te voir. » Rien de plus, rien de moins, il pourrait dire qu'il l'avait espéré, mais ce serait aller beaucoup trop à l'encontre de ses propres règles ; tu devras donc t'en contenter Theo ; mais profite, l'honnêteté et la franchise sincère de Caïn sont rare, très rare.

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 le 24/2/2017, 16:27

ft. caïn

Il attend, Theo, il est suspendu à ces lèvres encore immobiles. Il ne veut pas avoir d'espérances - quelque part, c'est comme si Theo avait déjà été trahi, et qu'il ne voulait plus refaire les mêmes erreurs. Toutefois, son besoin de croire en un avenir meilleur est encore plus puissant que ses défiances ; il ne veut pas que le monde s'arrête de tourner, et il ne veut pas que ses chimères deviennent réelles - alors même qu'il ne fait rien pour les en empêcher. Il ne veut pas que Caïn soit l'ennemi, même si, probablement, des signes le mettraient en garde ; il est simplement doué pour détourner les yeux de ce qui le dérange. Il néantise la portée des symboles qu'il reçoit depuis toujours, pour conserver sa santé mentale. Il neutralise d'autant plus ses doutes qu'il s'intéresse aux points communs. Avec Caïn, le silence est confortable - jamais trop lourd, jamais insignifiant. Parfois, ils peuvent parler des heures sans ouvrir la bouche - et un coup d'œil de Caïn vers les toits brillants de rosée suffit à Theo pour comprendre qu'il aime le matin. Et puis il y a ces rares occasions où Theo ; alors on devine peut-être l'ombre du prophète qui se penche sur lui, celui qui crache l'optimisme pour apaiser les mœurs. Il emploie des mots simples, et d'autres si complexes que le sens se tord sous l'examen de l'esprit ; toujours il y a des images. Theo est doué pour cela, pour créer des paysages à partir de quelques syllabes. Il a de l'entraînement, en outre. Caïn s'exprime de façon plus franche, c'est moins guindé. C'est aussi beaucoup plus personnel que ses propres paroles. Il semble à Theo que Caïn est plus libre, sur ce point. S'il a des chaînes, elles n'emprisonnent guère sa bouche. Même ce que Caïn ne dit pas ne semble pas tu par contrainte ; Theo non plus, mais parce qu'il n'a jamais vraiment dit les choses.

Caïn boite ; contrairement au prophète, il est marqué physiquement (par quoi ? est-ce la maladie, ou est-ce l'un de ces traitements inhumains qui peuplent les visions de Theo), et il trébuche, sa main s'abattant sèchement sur l'épaule de Theo. Le prophète sourit, ne dit rien (mais c'est encore un sourire un peu faible, juste un étirement des lèvres qui en plisse à peine les commissures) ; il attend que Caïn soit debout et stable pour en faire de même. Inutile de dire qu'il le fait avec beaucoup plus de grâce ; celui qui n'est désormais qu'un vulgaire serveur conserve l'écho de son aura d'autan. Il se relève d'un seul mouvement, laissant son manteau épouser sa silhouette remontée. Il y a quelque chose de noble en lui, et il a de la chance que cela n'interpelle pas Caïn, car il pourrait risquer gros.

Puisqu'ils sont libres tous deux, autant passer du temps ensemble. La décision s'impose d'elle-même à Theo ; et peut-être, s'il y réfléchissait plus longuement, frissonnerait- il devant tant d'insouciance. Theo n'a jamais été innocent. Il sait ce qu'est le mal. Il sait aussi qu'en ne faisant rien, il en est le complice - et il ne s'est jamais étonné de voir sa trace descendre, parce qu'il le mérite. Peut-être sera-t-il cristallisé avant que le monde ne s'effondre - si les déesses se lassent de son manque de réaction. « Ce n'est rien. J'avais envie. » Parce qu'elle est là, la différence : il y a quelque chose, en Caîn, qui lui donne envie de l'aider, de se tenir à ses côtés - même si les causes en sont si emmêlées qu'il peine à comprendre pourquoi il agit. Peut-être se sent-il aussi à l'aise dans le rôle de gardien : quelqu'un qui voit, qui attend, en théorie prêt à agir, mais qui jamais ne bouge. Peut-être se sent-il aussi plus concerné par le destin d'un homme dont il devine la souffrance, plutôt qu'une humanité riante, qui ne semble guère comprendre qu'elle va droit dans le mur.

Ah, mais Theo sait prendre des décisions, maintenant. Des décisions mineures, qui n'engagent que lui, qui lui servent à occuper son temps. Il en a de toute façon beaucoup trop - et regrette que des visions indésirées viennent gâcher ses heures de liberté. Il ferme les yeux, puis les rouvre tout de suite - le monde est strictement le même, il n'y a guère que Caïn qui a un peu bougé. Un élément de fluctuation dans un monde pâle et tranquille. Comme souvent, ses lèvres bougent avant qu'il ne le désire - à ceci près qu'il est bien l'auteur de ces mots. « Viens, on va marcher. Tu me raconteras tes derniers voyages. » Caïn n'est pas toujours là ; Theo ne sait jamais trop où il est, et cela n'a pas vraiment d'importance. Mais il a envie de rêver. Il sait que jamais les périples de Caïn ne seront aussi spectaculaires que ses anciens pèlerinages ; du moins bouge-t-il. Theo quitte la ville dès qu'il le peut, quand il arrive à obtenir un congé ; mais c'est beaucoup trop rare, et cela fait une cinquantaine de jours qu'il bosse sans relâche. Quand sera-t-il à nouveau libre ? songe-t-il en faisant signe à Caïn de lui emboîter le pas. Quand arrivera-t-il à retrouver l'agrément des voyages de son âge d'or ?

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 le 26/2/2017, 00:25

another day for you and me in paradise
Musique

Mais, vrai, j'ai trop pleuré! Les aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer : L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes. Ô que ma quille éclate! Ô que j'aille à la mer! — Arthur Rimbaud

Sans doute que ta gentillesse causera ta perte un jour Theo ; car quelqu'un comme Caïn ne devrait pas la mériter. Tu dis que tu as suivi tes envies, preuve que tu ne discernes pas très bien le bon et le mauvais ; le bien et le mal ; ou peut-être que tu t'en fiches. Il sait que tu es quelqu'un de lucide et peut-être que tu te fourvoies en ce qui le concerne ; que tu l'acceptes malgré l'effusion de rage qui émane de chaque parcelle de son être... Caïn n'en sait rien, il suppose juste, dans un coin de son crâne, en marchant lentement de sa démarche ballante ; émettant de silencieuses hypothèses. Et il ne sait pas trop où il va Caïn, même s'il connaît l'endroit, chaque lieu est une nouvelle vie ; c'est en tout cas ce qu'il essaye de se dire. Le temps passe et le soleil tape d'avantage alors que ses yeux se plissent légèrement ; la lumière ne plaît guère à sa rétine, c'est donc dans un geste lent, mais néanmoins résolu, que Caïn abaisse un peu plus sa capuche sur le devant de ses yeux ; le regard désormais vissé vers le sol. En Scyhm, les 'gens' comme lui ne sont pas très bien considérés, le jeune homme en a terriblement conscience ; alors dans un coin de son cœur, il énumère une prière amère... Que personne ne me reconnaisse, que personne ne gâche cette journée.

Peut-être parce qu'il est avec toi ; peut-être que ta compagnie le soulage plus qu'il ne veut bien le faire croire ; bien plus qu'il ne veut l'avouer, ça, c'est certain. Une envie lui démange les lèvres, lui titille la gorge, le rendant quelque peu fébrile ; Caïn ne sait pas d'où cette envie vient, ni même en quoi elle se caractérise ; juste qu'elle est là, ancré dans sa poitrine... Le questionnement sous-jacent, l'incompréhension qui le ronge, sa main droite quitte la poche de son jean trop large pour se caler sur son torse, au niveau de son cœur, ressentant les battements de son organe qui bat lentement, beaucoup trop lentement... Pourquoi se sent-il ainsi ? Autant apaisé ? Il déglutit avant de souffler entre ses dents, mâchoire fermée, lèvres entrouvertes. Sa tête se relève et il te regarde alors du coin de l’œil, admirant ta prestance et ton charisme qui n'était plus à prouver pour personne. On peut lire tellement de choses dans ton maintien Theo ; comme on peut lire énormément de choses sur le faciès de Caïn ; et il sait que tu dissimules quelque chose, et il sait que c'est réciproque, que tu sais qu'il cache quelque chose... Mais vous vous en fichez, vous passez outre, vous ne posez aucune question indiscrète, vous contentant de l'instant présent, des moments passés ensemble. La vérité n'a pas besoin de s'immiscer là-dedans, tant que vous êtes satisfait de votre 'amitié' ; et ça le sidère de penser comme ça Caïn ; parce que c'est bien un mot qu'il ne voulait plus avoir dans son vocabulaire. Parce que l'amitié est comme l'amour, éphémère ; et qu'un jour, on finit forcément déçu, mais surtout blessé.

Et il ne veut pas te mettre dans le même panier que ces affreux connards du passé, pas comme les parents imaginaires qu'il n'a eu que dans sa tête en espérant silencieusement d'être un jour adopté ; non. Caïn sait que tu es différent, il le sent, et même s'il en vient à se tromper, il n'arrive pas à se dire qu'il pourrait un jour le regretter. Et c'est ça qui est dérangeant, déroutant, peut-être même un peu flippant ; mais la peur ne s'installe pas, elle ne naît plus dans sa caboche ; l'opprimé terrifié sait, il se souvient de ce qu'est la terreur, l'angoisse dévorante... Caïn a déjà goûté aux supplices des enfers, il n'y a plus moyen de l'effrayer ; loin de là. Vous marchez, vous marchez sans savoir vraiment où vous allez et il attend en silence que tu dises quelque chose ; mais entre vous, ce n'est pas ainsi que ça fonctionne. Parfois, la parole est des vôtres et parfois non ; en cet instant, la parole était futile. Son estomac gargouille, mais la nausée est toujours présente ; car les rêves l'ont mis en déroute, car les rêves se sont transformés en horribles cauchemars, reflet terrible du passé. Les mots lui reviennent alors en tête, tu as dit quelque chose, mais il a fait semblant de ne rien entendre ; ou plutôt, il a oublié d'ouvrir les écoutilles. Un sourcil arqué, Caïn se remémore les instants passés... Te raconter ? Mais que peut-il bien te raconter... ? « Tes voyages seront sans doute plus intéressant que les miens l'ami. » Et ce n'est pas un mensonge, loin de là ; car Caïn n'est pas un gars bien, et aux yeux de certains, il ne fait pas les choses "bien" ; alors il garderait pour lui ses voyages liés à son métier "déplorable". Se grattant légèrement la tête, il marque sa réplique en se tournant vers toi et en souriant furtivement à pleine dent.

Tu peux lire que c'est faux, que c'est forcé, car Caïn n'essaye même pas de le camoufler, ça ne lui vient même pas à l'idée ; sans doute parce que les faux-semblants avec toi, il les a un peu reniés, ils se sont évaporés. « Tout ce que je peux te dire, c'est que j'effraye toujours autant les gens, apparemment, j'ai une "odeur de rage". » Et il en rigole un peu, même si la mélancolie transpire de ses traits et que son ton est clairement amer... Pourtant, il en rit, pinçant ses lèvres après que la pilule soit passée, levant ses yeux vers le ciel, tentant de l'attraper du bout de ses doigts... C'est fou, malgré sa taille de géant, il n'arrive pas à le saisir, il n'arrive pas à se faire aspirer, il ne parvient pas à s'échapper. « Je me demande si cette haine que je porte en moi s'estompera un jour. » Il se cognerait la tête contre les murs en cet instant s'il le pouvait, car Caïn n'est pas dû genre à s’apitoyer, ni même à dire de telles inepties sur sa rage insensée. Alors aussitôt, il passe une main dans sa chevelure ébène, ôtant la capuche à son passage, ébouriffant sa tignasse en lâchant sur un ton un peu plus grincheux. « Raaaah bordel, je déblatère que des conneries. Ne fais pas attention, c'est mon imprévisible sieste qui me rend si... Bizarre. » Tapant sur ton épaule pour accentuer sa remarque, il y passe ensuite son bras, se servant de ton corps pour soutenir légèrement le sien. « Et toi alors ? T'as rien à me raconter ? Je pensais pas te croiser ici. »

Meubler la conversation, oublié le reste.
S'il te plaît Theo, ne lis pas en lui.
Fait celui qui n'a rien vu, rien entendu.
Ou plutôt, celui qui n'a rien compris.

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Les Briseurs de Silence

 le 27/2/2017, 00:02

ft. caïn

Il a besoin de rêver, Theo ; il étouffe dans ce quotidien qu'il a choisi par dépit, le premier véritable choix de son existence, et probablement le moins effectif à la fois. La ville l'étrangle progressivement, avec ses murs qui ne changent pas vraiment, et ses habitants qui ne lui sourient jamais, et la lente monotonie des jours qui passent - il n'y a guère que le ciel qui se charge de décors différents. Theo a l'impression de ne plus pouvoir faire grand-chose, désormais ; tout son quota d'initiatives est épuisé pour le moment,  Il voudrait donc que Caïn le divertisse ; on murmure que détourner les pensées de ses peurs est toujours plus facile lorsqu'on a de quoi les occuper. Le blanc de son esprit se tapisse d'angoisses qu'il s'efforce de réprouver, mais son existence est trop vide pour qu'il puisse véritablement le combler - ce sont les autres qui le font pour lui. Ces fréquentations qu'il n'est pas censé se permettre, car trop dangereuses, trop incertaines pour un homme qui n'a pas les moyens de se défendre : voilà ce qui peuple son imaginaire. Des images de Caïn courent dans son esprit ; dans sa mémoire, il sourit toujours. Peut-être que Theo lui-même, s'il se peint dans un recoin du décor, sourit-il lui-même. La joie est palpable est dans de telles scènes ; il invoque des paysages qu'il connaît déjà, réinvente des situations qu'il a vécues. Parfois il est lui-même, et Caîn est à ses côtés ; parfois il prend sa place. Et puis quelque chose survient, souvent une vision, parfois une simple interruption, et le rêve se brise en mille morceaux.

Cette fois, c'est Caïn qui le brise, en lui refusant le privilège de l'entente ; et Theo s'arrête net pendant un seconde, comme sonné, les lèvres formulant quelques mots qui ne sortiront jamais de sa gorge. Puis il reprend son chemin, comme si de rien n'était, mais il y a un nuage dans le fond de son œil. Malgré tout, il ne lui en veut pas, à Caïn, car il ne fait que dire la vérité - mais il ne peut pas le dire, il ne peut même pas demander comme l'autre homme le sait, c'est peut-être écrit sur lui, dans son expression mélancolique et ses jambes qui ont l'habitude de marcher. Theo se tait. Il préfère ne rien dévoiler, même si l'envie le titille. Il écoute encore. Il voit parfaitement ce que les gens veulent dire par « une odeur de rage » ; il la sent également, elle flotte autour de lui. En y réfléchissant bien, c'est assez étrange qu'elle ne dérange guère le prophète. Peut-être fait-elle écho à sa toute nouvelle colère, cette émotion qu'il n'avait jamais ressentie avant mais qui menace de le submerger par moments. « Elle fait partie de toi. Peut-être que tu ne t'en débarrasseras jamais. Mais tant que tu n'en souffres pas vraiment... » Et qu'est-ce qu'il peut en savoir, d'ailleurs ? Tout est une découverte pour lui. La vie civile s'avère bien plus complexe qu'il ne l'avait prévue - et pourtant il est là, à ne pas s'effrayer de la haine de Caïn, à l'accepter simplement, à apprécier l'agrément de sa compagnie. Mais il ne dit rien, pas Theo ; il voudrait croire que cela se devine à son attitude. Il ne côtoie pas les monstres. Après tout, ils vivent à l'intérieur de lui.

Un léger rire traverse les lèvres de Theo - mais on le devine un peu forcé. Il a la saveur de l'ironie ; Theo ne trouve plus grand-chose drôle, il n'a de toute façon jamais eu beaucoup d'humour. Son regard glisse sur la chevelure découverte de Caïn ; s'il pouvait voir son visage en cet instant, il se demande ce qu'il y lirait. « Je suis toujours là. Je travaille ici. » Et il y a peut-être comme une trace d'amertume qui colore sa voix ; il ne le contrôle pas vraiment. Toutefois, cela semble étrange : Theo n'est pas un homme d'émotions, il est une surface lisse sur laquelle tout glisse, un masque imperturbable qui n'est pas là pour lui, mais pour les autres. A-t-il vraiment le droit de ressentir de la rancune ? (La réponse est oui, mais il ne le sait pas lui-même.) « Et il ne se passe rien. Je veux voyager. » Comme avant, pourrait-il ajouter, mais sa voix meurt subitement ; et c'est peut-être cette fin subite qui peut aiguiller Caïn, lui donner un indice de sa douleur réelle. Ce n'est pas seulement l'ennui qui menace de l'endormir, mais surtout la douleur d'être coincé dans un quotidien morne, sur lequel il n'a pas plus d'emprise qu'autrefois.

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Ceux qui défient les Dieux

 le 27/2/2017, 01:12

feel your pain you feel mine
go inside each others minds
Musique

Lately I've been hard to reach, I've been too long on my own, Everybody has a private world where they can be alone, Are you calling me? Are you trying to get through? Are you reaching out for me, like I'm reaching out for you? — Eminem — Beautiful


Dans un coin de son cœur, dans un coin de sa tête, dans chaque parcelle de son être ; il s'en veut, il ressent le remords, il succombe au regret. Parfois, il aimerait se faire museler pour ne pas avoir à déblatérer de telles conneries, mais l'encreur ferait alors un travail de maître pour permettre à ses pensées de s'envoler ; chose qui le rendrait encore plus instable, encore plus aigris, encore plus pitoyable. Et il ne veut pas que tu te mettes à le détester, ni même à le juger ; que ce soit à voix haute, ou dans le plus silencieux des songes que le jeune homme ne peut explorer. Caïn se déteste plus que n'importe qui en ce monde ; il déteste sa faiblesse, il déteste sa rancœur, il déteste sa colère ; et pourtant, il déteste quelque chose de plus invraisemblable, il déteste qu'on le haïsse. Mais ça, jamais il ne l'avouera à quiconque, car son histoire bâtit sur un château de cartes en pente raide s'écrit pour fatalement se casser la gueule... Et le pire dans tout ça Theo, c'est qu'il en a conscience, et il ne se doute pas que tu le sais aussi finalement.

Son bras autour de tes épaules se referme un peu alors que la douleur dans son genou s'intensifie, alors il ralentit aussitôt la marche, quittant cette étreinte qu'il t'impose depuis le début, cherchant une démarche qui le fera moins souffrir ; mais cela semble peine perdue. Peut-être que la façon dont le jeune homme s'est méchamment laissé tomber sur le sol à cause de sa torpeur y est pour beaucoup ? Aurait-il atterri sur le genou ? Caïn n'en sait rien, quand les crises de narcolepsies débarquent, il ne se rappelle plus vraiment de grand chose ; juste des formes, puis des ombres et pour finir les ténèbres. C'est dans un soupir profond qu'il s'étire, tête baissée et un peu recroquevillé, le temps de masser sa jambe l'espace de quelques secondes, serrant les dents à s'en briser la mâchoire, tentant de soulager cette putain de douleur qui le tiraille depuis des années. Et un sourire voilé par la haine apparaît sur ses lèvres abîmées, qu'il déchire d'un souffle bref par les narines avant de se redresser et de se rapprocher de toi, levant la main en l'air pour te rassurer. Car s'il y a bien une chose que Caïn ne veut pas, c'est bien t'inquiéter. Tu t'occupes déjà assez de lui Theo, tu veilles sur lui quand il s'effondre sur le pavé, prend bien garde à ce que rien ne lui arrive et il ne sait pas comment te rendre la pareille ; alors il cogite Caïn et il espère qu'un jour, il finira bien par trouver.

Les mains viennent se nicher dans ses poches, la droite agrippe sa jambe alors que la gauche se retrouve à triturer les tréfonds du jean... C'est fou ce qu'il pouvait avoir comme merde avec lui, il touche, farfouille, mais rien d'intéressant, rien à se mettre sous la dent non plus. Et la nausée se barre un peu dès lors que tu ouvres la bouche Theo et tes paroles mettent ses sens en alerte... Oui, cette rage fait partie de lui, le consume, lui retourne le cerveau et les entrailles et il a peur, un beau jour, de se réveiller et de constater qu'il n'est plus humain, qu'il est mort de cette haine. Et il en souffre vraiment, mais comment te le dire, si ce n'est dans un soupir ? Dans un murmure que sa voix déraillé coupe ; il a essayé, mais ce n'est pas sorti, alors il se contente de te sourire Caïn, mais son regard caché et plus éloquent que les mots montrent bien sa détresse. C'est fou ce qu'il est pathétique aujourd'hui, ce n'est pas le bon moment pour déprimer, ce n'est pas non plus la bonne journée pour se laisser aller. Car la beauté du monde lui parvient d'avantage quand il se promène avec toi, quand il scrute le ciel ou l'horizon, il y discerne une palette de couleurs qu'il n'avait jusqu'à présent jamais pu contempler.

Et il aime la sonorité de ton rire Caïn, car ça n'arrive pratiquement jamais, comme le fait qu'il se livre avec sincérité n'arrive que très rarement. Alors il se masse la nuque en riant légèrement à son tour, profitant de cet instant ou tu symbolises le havre de paix qu'il a toujours convoité. Tu travailles ici ? Mais il n'en avait aucune idée... Et même s'il en avait eu vent, sans doute que le jeune homme ne serait pas passé te voir ; tout simplement parce que les museleurs, en Scyhm, ne sont pas les bienvenues, bien plus qu'ailleurs. Le voilà qui déglutit légèrement en marchant, écoutant tes paroles avec un sérieux bien plus réel qu'auparavant, il ralentit au fur et à mesure... Tu veux voyager. Tu veux voyager. Tu veux cruellement voyager Theo. Il le ressent Caïn et il ne sait pas pourquoi. Il ressent que tu as besoin de quelque chose aujourd'hui, que tu as besoin de quitter ton cocon, de briser un peu ton quotidien, de vivre une aventure exaltante... Ce que Caïn ne peut pas t'apporter ; normalement. Il serre les dents avant de s'avancer d'un pas résolu, attrapant ton bras avant de prendre les devants, tournant alors la tête, sa capuche quittant le sommet de son crâne, ses prunelles entrant en collision avec les tiennes. « Dans ce cas Theo, partons en voyage. »

Non, il ne te demande pas ton avis, il resserre juste un peu plus son étreinte sur ton bras, glissant vers ton poignet avec douceur. Ne pas être brusque, ce n'est pas vraiment dans ses cordes, mais Caïn essaye tout du moins ; car c'est une sorte de pari qu'il fait avec lui-même. Un pile ou face interne ; est-ce qu'avec toi, il peut s'améliorer ? Est-ce qu'il peut évacuer cette rancune et cette haine ? Il se le demande. Et sa démarche se transforme en course et un sourire véritable se dessine sur son visage ; alors qu'il peut humer la brise marine à pleine narine, alors qu'une petite bourrasque vient tenter de repousser son corps ; il en rit, car c'est sans doute ça 'vivre libre'. « Si tu veux faire quelque chose Theo, tu te dois de le faire. Et si quelqu'un t'en empêche, ma rage l'emmènera en enfer. » Car tu devrais être capable de tout Theo, comme il devrait pouvoir s'extirper des conditions de son passé ; on dit qu'il faut le vouloir pour y arriver ; mais il sait Caïn que ce n'est pas aussi facile, que ce serait bien trop simple comme façon de procéder... Mais à deux, en se serrant les coudes, il est certain d'pouvoir y arriver. Et cette façon de penser ne lui ressemble pas, cette façon de faire non plus ; quelque chose cloche quand il est avec toi, le changement s'opère, il en est presque palpable. La course s'arrête, sa main desserre immédiatement son étreinte sur ton poignet alors qu'il regarde sa main.

Est-ce que Caïn change vraiment ? Est-ce qu'il est inquiétant ? Des questions arrivent à la chaîne, mais il ne trouve pas de réponse... « Encore une fois, je t'impose les choses ahaha. » Partir en voyage, mais pour aller où ? Pour explorer quoi ? Il s'en fiche Caïn du moment qu'il n'est pas seul, il s'en fiche de la destination du moment qu'il partage cet instant avec quelqu'un de confiance ; et tant pis si cela ne dure qu'un heure, ou même plus, ou même moins. « Cela ne me ressemble pas. » Mais il n'y a pas de quoi avoir peur, hein Theo ? Même si cela ne lui ressemble pas, même si c'est quelque chose à laquelle vous n'êtes, tous les deux, pas habitués, ce n'est pas si mal, hein ? La paume de sa main vient se poser sur son front, et il aimerait être apaisé comme avant, il aimerait cacher son regard qu'il sait bien trop éloquent.
« J'suis pas dans mon assiette, j'ai la nausée d'puis que j'me suis effondré. J'veux juste... Bouger. » Non, la vérité, c'est que tu veux juste t'enfuir Caïn, car c'est ce que tu fais de mieux. « Si je m'enfuis aujourd'hui, tu viens avec moi ? »

Et ses ongles s'enfoncent dans son crâne, déchirent un peu son front, nouent son estomac d'avantage. Cette peur des autres alors que son cœur les appelle... Non. Il n'agit pas ainsi avec n'importe qui, juste avec toi, car il n'y a que toi qui sembles pouvoir véritablement le comprendre ; même en ne disant rien ; non, surtout en ne disant rien. Le passé qui le rattrape, une trahison ; et si les choses se passaient ainsi avec toi Theo, comment est-ce qu'il réagirait ? Aujourd'hui, comment il le vivrait ? « Partons en voyage. » Et il se force à sourire, car de toute façon, il ne possède plus de larmes ; elles ont été lavées par la pluie battante d'il y a des années, sous une lune brillante et les cris de sa gorge déployée, avec les craquements de sa jambe brisée et son crâne défoncé. « Tu dois me prendre pour un cinglé... »

Un murmure.
Faible, presque inaudible.
Lancé pour toi, mais aussi pour lui-même.
Car il est brisé, finalement, c'est ça l'amère vérité.  

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Les Briseurs de Silence

 le 27/2/2017, 22:59

ft. caïn

Exprimer un désir (dire, je veux), voilà quelque chose d'étranger à Theo. Dans sa tête, ce sont les mêmes formules toutes prêtes qui se bousculent à ses lèvres dès lors qu'il doit dire quelque chose. Les Déesses veulent ; elles n'exigent pas vraiment, sinon il y aurait fort longtemps que Theo aurait descendu sa trace à 0 ; mais elles sont des volontés qui demandent à être respectées. Les autres gens ont des désirs, et parfois ils ne coïncident pas tout à fait avec les résolutions divines. C'est la raison pour laquelle le peuple vient consulter les prophètes. Theo a toujours été inutile dans l'exercice de cette fonction, mais il s'en est acquitté car c'était ce que l'on attendait de lui - et jamais sa trace n'a baissé à cause de cela, il a donc fait ce qu'il fallait. Mais ces messages sombres ont un sens, il le sait - et parfois l'homme pense qu'il devrait consacrer sa vie à les décrypter, au lieu de tenter de les fuir et de les éviter. Et puis, il se dit que les déesses savent ce qu'elles font, qu'elles ne continueraient pas de les lui envoyer si tout cela était vain. C'est probablement ce qui lui fait le plus peur - alors il préfère n'y voir que des avertissements, l'invitant à prêter attention à la situation, à guetter le moindre signe qui l'obligerait à agir. Pour faire quoi ? il ne sait pas. Peut-être parler, tout simplement. Qu'importe ; il ne dit cela que pour se conforter, pour donner un sens à sa vie. Cela n'empêche nullement le reste de son existence d'être morne et vide. Et pour cela, nul ne peut le guider.

Alors si Caïn lui dit, partons, il va vouloir partir, Theo. Parce que ce désir-là ne vient pas de lui, et qu'il est bien plus aisé de se fixer un objectif si c'est pour quelqu'un d'autre. Quelqu'un comme Caïn, qui plus est, mérite qu'il dépense son énergie. Mais ce sont de nouveau les rêves qui valsent devant ses yeux, alors que Cain se propose de se débarrasser de l'obstacle - et l'euphorie retombe. Ah, mais sa rage suffirait-elle à renverser un gouvernement qui le hait parce qu'il est en communication avec les déesses ? Il doute que cet homme en soit capable. Plusieurs y arriveraient, probablement. Mais les déesses ne lui disent pas de faire une révolution. Elles lui disent juste que le monde court à sa perte - ce qui n'est pas forcément mieux. « Non, c'est bon, dit Theo quand Caïn s'excuse de vouloir lui imposer quoique ce soit (ça l'arrange tellement, en fait). Ce n'est pas vraiment un ordre. » Non qu'il en ait vraiment l'expérience, Theo ; mais il sait distinguer des intentions. Pourtant, Caïn n'a pas tout à fait tort : que va-t-il faire de son boulot ? Comment négocier un congé sur une durée suffisante, sans que cela ne pose problème au patron ? Oui, son employeur est plutôt quelqu'un d'arrangeant, qui ne regarde pas trop sur l'origine de sa main-d'œuvre et qui l'a accepté sans trop se soucier de ses compétences réelles ; mais Theo a le sentiment qu'il abuse parfois de sa confiance. Confiance que Theo place volontiers en lui, dans la mesure où il constitue actuellement son seul moyen de subsistance. Négocier cela, c'est certainement un véritable casse-tête. Et Theo a envie d'essayer.

Il place son regard en face de celui de Caîn, adoptant une posture solennelle, un ton sérieux. Il y a des moments comme cela où Theo a envie d'être écouté, où il veut conférer au présent une gravité exceptionnelle. Ce n'est guère étonnant que ces premiers mois : « Non, tu n'es pas cinglé. Si tu me poses sérieusement la question, je te répondrai oui. » Parce qu'il y a l'habitude, qui le force à céder aux autres ; mais il y a aussi ce désir trop fort de voyage, auquel il ne veut plus résister. Et oui, Caïn serait probablement un compagnon de voyage agréable, malgré sa jambe qui les empêcherait d'aller trop vite ; mais il respecterait son silence, et saurait prendre des décisions lorsque Theo se perd dans les méandres de sa réflexion. « Mais pourquoi veux-tu t'enfuir ? » C'est là la question la plus essentielle. Il y a une première à laquelle il pense, mais on ne peut guère fuir ses démons en s'abîmant sur les routes. Le passé ne se fuit pas, Theo en est convaincu : il s'accepte. Alors que fuit-il au juste ? Que trouverait donc Caïn sur les routes ?

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Ceux qui défient les Dieux

 le 1/3/2017, 00:17

I was too weak to give in, Too strong to lose
My heart is under arrest again But I break loose
Musique

Dream, send me a sign, turn back the clock, give me some time. I need to break out and make a new name. — Brand new day


Tu es bien trop gentil Theo, à lui dire que 'C'est bon' ; comme si c'était normal et que tout lui était pardonnable... Tu sembles capable de lui pardonner le bon, comme le pire et c'est une notion que Caïn n'arrive décidément pas à saisir. Et c'est vrai que ce n'était pas vraiment un ordre ; plutôt une supplication, une complainte sortie tout droit de ses artères. Le sang bouillonne et ses veines cognent, pulsent contre chaque parcelle de son être, le laissant impitoyablement sur le carreau de son subconscient, le plongeant dans les limbes de son inconscient. Il ne sait pas trop où il en est Caïn, il est perturbé, en quête d'un havre de paix que personne ne semble capable de lui livrer ; sauf toi. Parce que t'es "l'ami" Theo ; on en a souvent qu'un seul durant toute une vie, un véritable ami, celui au côté duquel on est honoré de se tenir debout fièrement ; mais lui ne pourra jamais être totalement dressé sur ses deux jambes, il ne pourra jamais être véritablement fier d'être à côté de toi. Car la vie l'a rendu si misérable, si exécrable, profondément détestable. Lui, il est devenu 'museleur', trancheur de vérité et de bonne conscience, arracheur de langues malléables, destructeur de paroles, privateur de vie. Quoi que Caïn dise, quoi qu'il fasse, il y aura forcément une victime, car la justice est dans un sens de son côté. Qu'est-ce que tu ferais Theo, si tu apprenais que Caïn est de l'autre côté de la barrière ? Qu'il est l'un des salopards qui plonge le peuple dans la peur, qui terre le monde dans un silence de plomb ?

Et il hausse les épaules toujours la main devant sa tronche déconfite, les larmes pourraient couler, mais il préfère se laisser ravager par elle, intérieurement. Les larmes sont scellées, elles ne sortiront pas, plus jamais ; c'est la promesse qu'il s'est faite, pour ne pas paraître faible ; même si la véritable force serait d'avouer ses propres faiblesses en les laissant apparaître, en les laissant couler. Et sa gorge se retrouve de nouveau nouée alors que sa tête bascule en arrière, les paupières closes, la brise marine s'infiltrant avec douceur dans ses narines. Caïn ne sait pas, il ne sait rien, il se contente de vivre l'instant présent, de faire ce que son cœur lui dicte et c'est sans doute la raison pour laquelle il est si contradictoire aujourd'hui, la raison pour laquelle son cœur est en plein doute, sa logique mise en déroute... Tellement de choses se passent à l'intérieur de lui, un champ de bataille, du sang qui gicle sur les parois de sa boîte crânienne ; mais en dehors, pas une tâche, silencieux, il demeure. Et l'air entre en lui, mais ne ressort pas ; bloquant sa respiration en espérant trouver la solution sur la source de ses incompréhensions en se maintenant en apnée. C'est très clairement dans ce genre de moment qu'il se trouve con Caïn, alors qu'il n'est pas sensé l'être, alors qu'il est bien plus intelligent que la moyenne... C'est ça son problème, il cogite très probablement trop. Malheureusement pour lui, il ne peut pas te poser la question, se serait avancer un pion à l'aveugle sur un échiquier bloqué par des déplacements irréfléchis, faute à son cerveau désabusé.

Et t'as beau lui dire qu'il n'est pas cinglé Theo, lui, il ne peut pas s'empêcher de penser le contraire ; car sa propre violence le fait frémir, sa propre rage le fait déglutir, sa propre haine le fait vomir. Il n'y a rien qui tourne rond en lui. C'est Caïn, il fait des trucs parfois, ses fantômes ne le laisseront pas oublier et encore moins la trace qu'il dissimule de son protège poignet ; lui rappelant bien trop facilement la merde dans laquelle il se plonge tout seul. Et il te pose la question sincèrement, tu peux le croire, quand il dit qu'il veut partir en voyage, si cela peut te soulager et te faire envie, alors il est prêt à amorcer la procédure sans se poser de questions, sans même sourciller. Partir en voyage est sans aucun doute un synonyme de fuite pour lui, mais pour toi Theo, ça signifie autre chose, il le sent, il l'entend, il le comprend. Cependant, Caïn ne s'attendait pas à une telle réponse de ta part, alors c'est dans un geste lent qu'il abaisse la tête, ses prunelles azurées cherchant les tiennes avec avidité, pour pouvoir lire au travers, pour mieux comprendre tes pensées. Et malgré ça, malgré le lien établi, il n'y arrive pas, il ne parvient pas à prévoir la suite des événements ; et vient ta question la plus percutante jusqu'à présent. 'Mais pourquoi veux-tu t'enfuir ?' Il a un mouvement de recul Caïn et tout bascule autour de lui, tout se bouscule dans son crâne, sa vésicule est prête à rendre l'âme, la bile à être recraché sur le pavé. Les tremblements de son corps se font persistants, insistant et il essaye de fuir à cette question par un sourire feint ; un rire perplexe. Il aurait tellement préféré que tu n'entendes rien, il aurait tellement souhaité ne pas dire ses conneries à voix haute. « C'est une excellente question, Theo. »

Te fuir ne lui serait sans doute jamais venu à l'idée, même si tout son corps, tout son être entier lui impose de le faire, de ne pas t'approcher ; il y a autre chose qui le pousse à rester. Tu as ce truc Theo, qui n'appartiens qu'à toi, qui le rassures, qui le dépossède un peu de ses moyens. Grâce à toi, Caïn, il oublie les fantômes du passé, il oublie sa souffrance, la douleur dans sa jambe ne l'incommode plus autant que ça... Mais tu n'arrives pas à surpasser la réalité de sa condition, tu n'arrives pas à estomper les cauchemars, tu n'arrives pas à annihiler le souvenir de la trahison. « Je me demande bien pourquoi... » Et tu ne sais pas mentir Caïn, tes émotions se lisent sur ton visage en cet instant, comme ta peur et ton angoisse de perdre un ami cher, comme ta rage et ta haine envers ceux qui t'ont rendu ainsi ; tout est perceptible. Est-ce que tu vois tout cela Theo ? Si lui la voit, si lui la ressent, toi, en es-tu capable ? Il se le demande Caïn. Sa main droite vient se loger sur le sommet de son crâne, tentant vainement de remettre sa chevelure en place ; échec total. « C'était une question sérieuse. »

Et il est évident que tu le sais Theo ; car il y met l'intonation, il y met le sérieux, tout ce qu'il est. Caïn est ainsi, on ne le refera pas, on ne le changera pas ; mais il peut s'améliorer, il y croit, il en est persuadé. Si Cendre n'a pas perdu espoir en lui, c'est qu'il y a une raison de ne pas désespérer, il veut pouvoir en faire une réalité... Mais seul, Caïn n'y arrivera jamais et aujourd'hui, il en prend cruellement conscience. « Je vais m'enfuir Theo, parce que j'en ai besoin... » Juste pour oublier les emmerdes passées, les blessures quotidiennes qu'il inflige à autrui, juste pour oublier les angoisses et les peines, juste pour récolter un peu de paix dans son havre de haine. « Tu viens avec moi ? S'il te plaît... »

Sa propre intonation le sidère, le laisse pantois. Ses tremblements, sa gestuelle, la cassure de sa voix, la fragilité de ses traits. Il y a quelque chose qui est différent aujourd'hui, mais Caïn ne saurait pas dire quoi ; il y a un truc qu'il peut avouer, se murmurer intérieurement... C'est qu'il a cruellement besoin de toi.




    « Oui, il est rouge, comme le sang qu'il fait gicler, maculant son teint blafard d'une couleur bien trop vive, de celle qui imbibe les corps quand les veines éclatent. » Caïn« Il est rouge Caïn, lueur carmine de démence, brûlant comme le soleil, chaud comme un brasier incandescent capable de tout ravager sur son passage. » Caïn« Vous ne savez pas ce que cela fait de ne plus pouvoir parler. Je peux vous dire que cela me rend fou. C'est d'ailleurs pour cela que je m'adresse à vous : j'aimerais que vous m'écoutiez. » Musei« Sa voix te parle et elle est aussi lointaine qu'un rêve et aussi proche qu'un cauchemar. » Reine« Je ne mens jamais. encore un mensonge. on croirait presque que tu les collectionnes comme ces petits cadavres d'oiseaux ; que tu les étiquettes avec soin et délicatesse. » Reine« Theo a l'habitude de la peur. Alors il veille. Il attendra en silence que Caïn se réveille. » Theo« Il voudrait leur jurer qu'il sera un bon prince, le meilleur des petits princes, qu'il serait capable de tisser des couvertures d'étoiles pour protéger leurs épaules. » Le Petit Prince« Est-ce que parler c'est encore mourir ? parler, c'est certainement souffrir. oui. » Alphonse« (...) juste la froideur d'un homme qui se sent mal et n'a guère envie de se trouver vulnérable face à une femme qui est responsable de sa douleur. » Theo« Parce que t'es "l'ami" Theo ; on en a souvent qu'un seul durant toute une vie, un véritable ami, celui au côté duquel on est honoré de se tenir debout fièrement ; mais lui ne pourra jamais être totalement dressé sur ses deux jambes, il ne pourra jamais être véritablement fier d'être à côté de toi. » Caïn « Tes yeux s'accrochent à lui et ils ne fixent bientôt plus que lui, rien d'autre, et tu crois voir ses yeux directement dans les tiens pourtant tu es dans l'ombre et lui la lumière. » Elleipsis« Allez. Contredis-moi avec un sourire. » Velvet« Après un temps de latence, de pour, et de contre, elle finit par s’agenouiller au pied des étoiles, et d’un geste prudent, retira lentement le ruban autour de son poignée pour dévoiler sa trace. Ses mains se joignirent ensuite dans une volonté religieuse, et elle adressa quelques prières aux déesses. » Velvet« Et il pleut dans son cœur, mais rien sur ses joues, rien ne dégouline sur son visage ravagé par l'amertume et la colère. » Caïn« Je pensais qu’il n’y avait personne, parce que personne ne vient jamais. » Le Petit Prince« Parce que tu rêves de pouvoir simplement dire : laissez-moi vivre encore jusqu'à demain. » Narcotique« Maman disait toujours qu'altaïr avait des étoiles dans les yeux, que son nouveau prénom lui allait bienMaman disait toujours qu'altaïr avait le soleil dans les cheveux, qu'il brillait tellement qu'on le voyait de très loin » Altaïr« le monde est beau, ou tout du moins le sien.» Croatoan« il se déshumanise, car c'est si dur d'être humain. » Croatoan« Mon cœur est si faible, il s'accroche à des brindilles, et je finis toujours par en pleurer. » Musei« Maintenant, tout était passé ; je recommençais à éprouver de l'espoir. Au départ, je pensais que je reverrais, mais l'espoir avait été douché. » Musei« Et peut-être que si ce n'est pas mort, mais pas en vie, c'est que c'est parti. Que ça va revenir un jour. » Le Petit Prince« S’il était une tempête, elle était le phare qui lui survivait. » Velvet« il prend la vie comme elle vient, se vautre dedans quand elle est douce, se protège quand elle sort les griffes. » Opal« Et si la sincérité, le mensonge, l’ordre et le chaos avaient une odeur alors elle serait cendre et sève, poivrée et cèdre, ravage ou terre de nouveau fertile… Belâme est une montagne escarpée qui se rit des oiseaux et de la terre. » Belâme« Il y a le diable qui rampe sous sa peau, des rides de fatigue qui saignent son regard ; les élans d'épinéphrine secouent sa carcasse d'ivoire, métastases rampantes, frénétiques et nauséabondes, hurlements latents, dévorent et inondent. » Légion« astérion ne versera pas de larmes, les hommes comme lui sont des sources taries. » Astérion« Oui, pourquoi Ange ? Idiote, crétine, abrutie. Elle aurait aimé lui balancer toutes ces insultes à la figure, la jeter par la fenêtre, pour ne plus avoir à supporter la vision de ces deux yeux qui la fixent, de ce regard qui s’échappe, qui s’envole, qui se présume débordant de vérité, alors qu’il baigne dans l’atrocité ; poison malhabile. » Alexie « Mais si, au moins, il pouvait retrouver sa voix, peu importe la laideur de son visage et la faiblesse de son corps, peut-être Musei pourrait-il ainsi retrouver un semblant d'humanité. » Musei « Brave, elle ne le savait pas : mais elle endurait le sel et le sang - elle pleurait mais n’arrêtait pas sa marche : ni le roi et ses chiens, les déesses et leurs infidèles en deuil. » Ange « et c'est autre chose qu'il récolte à chaque nouvelle rencontre, à chaque chemin qu'il emprunte. et il aimerait dire que ça le rassure, qu'il est presque prêt à refaire partie de ce monde... mais ce serait faux. » Alphonse « il fait face à son angoisse et elle est trop forte, trop noire. elle est comme l'eau sans-fond et l'aspire encore vers le néant. il n'a pas assez de force pour se raccrocher aux berges de sa vie, pas encore. » Alphonse « Elle paraît un peu ailleurs, absorbée au cœur de rêves trop grands pour elle et à la poursuite desquels elle ne cesse de courir que pour prendre soin de la forêt de Jade, dans l'espoir qu'un jour la forêt sache lui dire où est cachée la vérité. » Anémone « Anémone voudrait être juste, mais elle n'est que vraie. Anémone voudrait être révoltée, mais elle n'est que passionnée. » Anémone « Alors YARŪ retourna dans sa montagne, où le silence est bavard, la nature simple et vraie. » YARŪ « Sa petite main dans la tienne, son cœur qui imitait le rythme de tes pas, son sourire passerelle, ses yeux plein d'étoiles. » Anémone « Etre d’une exceptionnelle tolérance et d’un amour qui paraissait sans fin, avait toujours été la qualité la plus extraordinaire de son père. Pour autant, la douceur satinée de ses mots ne parvenaient jamais à suturer la culpabilité qui la rongeait. Ils étaient comme des bandages alors que Camille avait toujours voulu un remède. » Camille « Cette violence-là était juste. Mais celle qu'on lui promettait ne l'était pas. » Musei « leur douce chaleur pour remplacer le verre en bonheur » Bless « sublime fantaisieterrible maladieô la tristeb l a s p h é m i e » Bless « Jusqu’à ce que Pyrrhus parachève les faux-semblants et les brise au sol en des milliers de morceaux coruscants. » Silas « Et son poing s’écrase dans le ventre d’Augustin. A ta connerie, Augustin. A notre amitié. » Silas « Ses mains frémissent. Il aimerait le tuer, là, sur le champ. Ecraser ses hérésies sur le sol et les piétiner avec véhémence. Il aimerait tout détruire, tout réduire à néant. Mais il y a cette lueur, ce truc pourri au fond de son cerveau – ou au fond de son cœur – qui l’empêche de tout briser. » Silas