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Ceux qui défient les Dieux
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Migraine Ceux qui défient les Dieux
 
23/4/2017, 21:17Voir le profil de l'utilisateur
 
elle aime temenos, migraine. elle aime ce qui a l'air surréel ; à vrai dire, elle aime ce qui s'apparente aux déesses. elle n'a rien contre elle -ces dames, elle aurait pu les vénérer dans d'autres vies, dans celles où son ennui l'aurait mené sous les pleurs de la lune plutôt qu'à tezlipocah. mais migraine -elle n'a pas d'intérêt à prendre parti. et même si elle l'aurait vraiment fait, à quoi bon ? on ne se souviendrait pas de ses actions militantes, de ses cris de sa rage de sa fureur ; oh, et à quoi bon ? elle n'a plus vraiment de feu, migraine, à force d'être étouffée.
alors elle va dans le noctulescent ; elle se fond dans les nuages avec les voiles de ses tenues de fantômes, avec les traces qu'elle laisse comme des pas dans la neige : prêts à être effacés, comme s'ils n'avaient jamais existés.
elle se balance au gré du vent, elle murmure même une comptine qu'elle chantait à roanoke, il y a longtemps oh bien bien longtemps. une éternité, vous dirait-elle. seulement une vingtaine d'années, en réalité. elle n'a plus vraiment la notion du temps, migraine -parfois elle oublie même son vrai nom, et il revient un peu plus tard, sans même qu'elle ne s'en rende compte.
et elle chante, encore, à défaut de danser. il n'y a jamais de vent, à temenos -elle se dit que c'est aussi grâce à ça que la fleur a pu survivre si longtemps, mais elle regrette presque les griffes de la nature. elle aime quand elles se glissent dans ses courts cheveux, quand elles agrippent sa peau, quand elles font presque bouger ses tâches de rousseur. et pourtant, elle est si forte, ici, la nature. si forte.
(pas comme elle)
et elle a des mots qui remontent, des consonances qu'elle aime bien, des verbes qui s'agitent ; elle erre un peu partout avant d'enfin tomber sur la fleur. la fleur. elle aime à penser qu'on ne la rencontre uniquement si on ne le souhaite pas ; la réalité, c'est qu'elle n'en a aucune idée -mais elle aime imaginer, migraine, et elle raconte souvent des sottises, souvent des mensonges, mais que voulez-vous.
elle s'occupe oh et elle aime s'en amuser, doucement tout décorer.
tout est si terne (plus rien ne se discerne)
 
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Les Briseurs de Silence
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Theo Les Briseurs de Silence
 
1/5/2017, 16:10Voir le profil de l'utilisateur
 
ft. migraine

Theo s'est libéré, Theo n'est plus prisonnier d'un quotidien qu'il n'a pas vraiment choisi. C'est un mensonge, bien sûr, mais c'est ce qu'il se répète ; il redécouvre la possibilité de voyager, d'aller où il le désire, sans nulle contrainte que celles posées par son propre corps. Theomoros n'a pas envie de craindre, il ne veut pas être surveillé ; il ne veut pas non plus errer sans but, à battre le pavé des cités dont il arpente les rues, à se noyer dans l'horizon désert des espaces où l'homme n'a jamais songé à s'installer. L'air est plus pur, lorsqu'on s'éloigne des machinations ; ses problèmes, quant à eux, ne s'affadissent pas, ils semblent au contraire plus vivants - et aussi moins graves. Ce n'est pas très grave, se dit-il, s'il ne sait pas quoi faire de son existence. Pour le moment, il peut se laisser aller, suivre ses instincts émoussés, attendre l'illumination.

La nuit, les déesses ne lui laissent toujours pas de répit, mais depuis son départ, il n'a pas reçu la moindre vision.

S'il n'est pas seul dans ce périple, aujourd'hui il s'est isolé. Il a dit, là où je vais, je dois être seul ; avec sa voix profonde et solennelle qu'il adoptait lorsqu'il essayait de parler des visions qu'il avait, étant heureux du fait que nul ne pouvait savoir ce qu'il voyait vraiment - et peut-être est-ce dangereux de reprendre ce ton lorsqu'il n'est pas seul, mais l'amitié le pousse à prendre de tels risques. Au demeurant, il est persuadé d'avoir raison : la fleur qui trône au centre de ce monde est dangereuse, il ne peut pas emmener quelqu'un d'autre sur ses pas. Malgré tout, son chemin n'est pas le même que d'habitude : la fatigue alourdit ses pas, abaisse ses paupières. Si bien qu'arrive le moment où Theo ne sait plus très bien s'il est éveillé ou s'il rêve. Il espère que c'est le deuxième cas, ce serait plus agréable pour lui ; cela le change de ces cauchemars qui l'empêche de fermer l'œil. Les couleurs sont fades, presque grises ; cela ne devrait pas être le cas. Oui, Theo ne devrait pas s'en inquiéter, il ne lui arrivera rien. A côté de lui, on veille sur son sommeil.

Mais ce n'est pas une fleur qui déchire sa vision, c'est une tâche noire qui ressemble à une femme, preuve en est qu'il rêve. Il n'en aperçoit pas le visage, ce qui est impossible. Est-ce une Déesse, masquant les traits de sa figure car ils ne peuvent être vus par un mortel ? Qu'importe ; Theo continue sa route, et puis il s'approche d'elle. Fasciné par la grâce qu'elle dégage, il se dit que son intuition est la bonne. Et alors qu'il s'arrête à quelques pas d'elle, il songe, mélancolique, que cette vision-là est peut-être la seule qu'il ait jamais désiré avoir.

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15/5/2017, 18:42Voir le profil de l'utilisateur
 
elle en a connu, des déchirés.
des acharnés, de ces gens qui se décolle la peau à en pleurer de gaieté ; ceux qui veulent tout contrôler, tout valider, tout empalmer -tout ignorer.
parce qu'elle a pensé, migraine, et si ses raisonnements sont faux, la finalité a cette douce odeur de vérité, similaire à du bois brûlé : on l'aime bien au début, et on suffoque à la fin. et donc -elle a pensé, migraine, que si l'on contrôle c'est parce que tout nous échappe.
à vrai dire, elle trouve ça plutôt futile, comme combat -mais elle s'imagine qu'elle ne peut pas vraiment comprendre, fantôme qu'elle est, et c'est un étrange argument que de ne pas exister. parfois elle dit qu'elle s'y est habitué. elle a toujours su bien mentir, derrière ses éclats de charbon noir.
elle a les yeux rivés vers le sol -pourquoi regarder autre part, ici ? il n'y a que ces nuages, ces vapeurs inattrapables, ces choses qui nous enveloppent sans que l'on ne puisse les serrer. peut-être que ça aussi, c'est une leçon de vie. elle y pense un instant, migraine, et elle oublie quand les rayons frappent à nouveau le fond de sa rétine ; s'impriment les couleurs, la délicatesse du rose pâle -elle s'est toujours demandé, migraine, si les nuages donnaient la couleur à la fleur, ou la fleur aux nuages.
les deux lui conviennent.
mais elle entend des pas -et elle arrête de chanter. elle chantait bas, comme un murmure, comme un secret entre elle et le bouton, entre elle et la terre, entre elle et nul part.
parce qu'après tout -si l'on se perd, c'est qu'on est nul part pour soi.
elle se retourne en un mouvement suspendu ; elle sait qu'elle est légère, qu'elle a une surréalité étrange -entre macabre et féerique. sa robe de corbeau danse avec elle un instant, avant de se figer. il n'y a toujours pas de vent.
elle juge l'autre. elle a l'impression de le connaître. elle le connaît sûrement -elle a rencontré tellement de gens, dans sa vie, dans ses périples, dans ses oublis. il a les cheveux comme les nuages, et elle se dit peut-être que c'est lui, le donneur de couleurs.
c'est une jolie idée, pense-t-elle, et elle la portera un instant dans sa tête.
il est loin, encore, mais il avance -et plus il avance, plus elle voit ses traits ; puis les deux points sous ses yeux.
elle ne connaît pas son nom, mais vaguement sa réputation.
un sauveur, disait-on.
(museleur de bonheur que celui qui les prédit)
elle reste à sa place -à côté de la fleur, comme si la nature avait décidé soudainement de lui donner une sœur ; et elle murmure, trop bas pour l'autre, mais assez proche pour qu'il la voit : bonsoir. et elle pense un instant, migraine, mais elle a oublié, alors elle reprend : ou bonjour. ce ne sont que des lèvres qui bougent, sans voix dans ce désert de nuages, et c'est si peu, mais elle ne veut pas dire plus ; elle attend de voir ce que le macabre emmène au fond de son sac. viens et sa main se tend comme à un enfant, au cas où les gestes de sa bouche n'étaient pas assez clairs.
 
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Theo Les Briseurs de Silence
 
16/5/2017, 14:02Voir le profil de l'utilisateur
 
ft. migraine

Theo bat des paupières. Sans pour autant chercher à chasser de ses yeux les prémisses d'une vision qu'il ne redoute pas tout à fait. C'est peut-être le contraire, cette fois-ci : il veut se défaire des derniers lambeaux de réalité qui s'attardent sur sa rétine. Theo rêve d'un monde en nuances de gris ; dans l'hypothèse d'un tel univers, le sang se mêlerait à la terre comme les flots paisibles d'un ruisseau - dénués d'horreur. Avancer n'est pas difficile ; étant un marcheur, ses jambes le portent aisément à l'endroit qu'il désire, et son esprit tait volontiers les douleurs qui naissent à chaque pas. En dehors de cela, il n'a rien d'autre à faire que de se perdre dans la contemplation de l'horizon.

Theo n'entend rien ; il n'y a que du vide qui bat à ses oreilles. Même le vent s'est subitement tu, comme s'il se refusait à emplir le silence. Il n'entend pas ses pas qui martèlent le sol ; sans doute oublie-t-il qu'il peut les écouter. Il s'est habitué à leur cadence, alors il les ignore. Comme toujours. Pour un peu, Theomoros pourrait se croire fantôme, il pourrait douter d'être vivant. Même l'air qui s'engouffre dans ses poumons a perdu sa saveur ; il porte en lui trop de chaleur pour que ses bronches en souffrent, et en même temps pas assez pour se sentir rafraîchi. Sa respiration a la lourdeur des poitrines lourdes qui, chez les défunts, ne peuvent plus se soulever. Sans doute est-ce un délire de sa part - mais s'il pouvait mourir tout de suite, dans cet égarement mêlé d'aponie, alors, peut-être, serait-il plus heureux qu'il ne l'a jamais été.

La forme faite femme est toujours là ; ce qui constitue sans doute son bras se détache de son tronc, comme une branche qui après l'hiver tente de prendre son envol. Theo cligne à nouveau des yeux ; le mouvement lui paraît étrange. Toutefois, a-t-il son mot à dire ? Depuis toujours, il garde le silence, et le son de sa voix lui paraît revêtir l'essence même des cauchemars. Refermant des lèvres qu'il avait entrouvertes sans même s'en rendre compte, il marche et s'arrête juste devant elle. Son regard glisse sur cette main ; elle n'a pas bougé, la silhouette, peut-être l'attend-t-elle. Je rêve, songe Theo, bien qu'il n'en ait pas la moindre preuve. Mais le prophète n'a jamais été homme d'action, et chaque scène qui s'est offerte à lui s'est déroulée devant son inertie. Theo n'a jamais rien fait, n'a jamais porté assistance. Avait-il à le faire ? La question demeure en suspens. Pour l'instant, c'est avec la force de l'habitude qu'il se plante devant cette inconnue, décidé à attendre le sens de son message. A ses pieds, la fleur projette des ombres qui s'étirent à la lumière comme de mauvais présages se lançant à l'assaut de son âme.

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8/6/2017, 21:14Voir le profil de l'utilisateur
 
elle regarde, migraine.
elle a cette distance dans ses manières -dans son immobilité, dans le calme qui ne lui caresse plus les cheveux, dans son attente-, celle qui se creuse avant de claquer en un bruit sec. elle marche sur les gens, migraine, elle saute sur les gens comme on saute sur des proies, et elle est un chat. un chat qui joue, et qui s'en va. un chat qui laisse une moitié de cadavre et qui s'attend à ce qu'il se reconstruise tout seul.
il approche, theo.
il a la lenteur des presque-morts, ou peut-être des mort-nés. de ceux qui sont là parce qu'ils ne veulent pas être ailleurs, mais qui au fond voudraient encore être ailleurs. quelque part où on ne peut aller sans conditions. quelque part d'où on a du mal à sortir. une statue de verre, par exemple.
elle le sent, migraine.
sa main redescend le long de ses voiles noirs. elle n'est pas monochrome. elle a le rose pâle de sa peau, le brun foncé de ses tâches de rousseur. elle aimerait bien n'être qu'antithèse, noir et blanc, mais elle n'est pas déesse. on ne peut pas la définir en un mot.
parfois, ça la rend triste.
parfois, ça la rend heureuse.
elle regarde son visage. il a le teint blafard de ces sculptures de cristal, et elle pense un instant peut-être qu'il se cristallise. elle sait qu'elle a tord. elle en a déjà trop vues pour se tromper -mais ça la fait rire, cette pensée, alors elle a les lèvres qui se relèvent un peu, mais pas trop. à peine de quoi froisser ses joues.
elle a toujours des milliards de choses à dire, migraine, mais le vent s'est tu, alors elle aussi. c'est comme si elle n'avait plus d'air dans les poumons, plus de quoi fait résonner sa bouche. alors elle attend. elle observe, ses yeux sombres sur sa peau claire.
elle veut savoir pourquoi il a approché.
elle relève la main -après un temps, un temps presque de prière, mystique, mythique-, elle vient poser son pouce sur sa joue, le reste dans ses cheveux. ils sont courts. doux. noirs. sur ça, ils se comprennent. sur ça, et sûrement sur d'autres choses.
et ça, ça la rend triste, alors elle a les yeux qui s'adoucissent par la peine, et la bouche qui redescent, et le pouce qui bouge doucement, et ses doigts comme des griffes qui le retiennent.
elle veut savoir pourquoi il reste.
 
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9/6/2017, 19:17Voir le profil de l'utilisateur
 
ft. migraine

Avant elle, Theo n'aurait jamais cru qu'une vision pouvait être physiquement douloureuse. Peut-être est-ce dû au fait que ces drames qui se déroulent devant ses prunelles impuissantes tourmentent trop son âme pour qu'il puisse se rendre compte d'une autre force de souffrance. Pourtant cette fois, il ressent comme une pression contre les yeux, comme si quelqu'un appuyait sur les paupières qu'il n'a pas fermées, sans trop d'insistance, mais suffisamment fort pour qu'il en ressente le contact. Mais cela ne vient pas d'elle, il en est persuadé. La façon dont elle le touche est différente, légère et chaude comme une brise d'été ; ses caresses pourraient embraser l'esprit de l'homme qui attend quelque chose d'elle. Theo est simplement trop indifférent. Le doute fait jour dans son esprit. Quel est donc ce rêve ? Jamais il n'a rien ressenti de tel.

Le reste de son corps est glacé, parcouru de frissons dont il peine à déterminer la source. L'air est pourtant tiède, empli de saveurs sucrées et douces dont il voudrait bien goûter ; mais alors qu'il ouvre la bouche, il se dit qu'il devrait parler. Sa voix qui n'est pas encore née lui paraît lointaine. Il devrait faire l'effort de la sortir de ses entrailles, de la façonner dans un souffle ; mais il ne sait plus comment lui offrir la puissance nécessaire afin de terrasser les cœurs impies. A-t-il seulement les moyens d'atteindre l'âme même d'une femme qu'il pense créée dans le voile de ses chimères ? Theo étire un peu plus les lèvres ; tant pis, si ses mots ne sont pas audibles ; tant qu'ils parviennent à sortir. Il sait qu'il ne les entendra pas ; il y a toujours trop de silence autour de lui. Il a déjà essayé de parler, et jamais on ne l'a écouté ; mais cette fois, c'est différent. Il semble faire partie de ce mirage. Peut-être est-il trop tard, songe-t-il ; peut-être a-t-il tant failli dans son rôle qu'il n'a plus qu'à être dépouillé de son humanité, humble spectateur du désastre qu'il n'aura pas su empêcher. « Qui êtes-vous ? » : demande-t-il, et il s'étonne de la force de sa voix, moins aiguë que d'habitude, si profonde qu'il lui semble ne plus l'avoir utilisée depuis une éternité. Il pourrait avoir déjà perdu la notion du temps, il pourrait être là depuis toujours, et ne plus en avoir le souvenir. Peut-être s'est-il écoulé des jours, des siècles, des millénaires depuis qu'il a abandonné Caïn. Qu'importe. Il entend sa voix, alors qu'il devrait y être sourd. Il ne sait pas trop quoi faire. Le froid qui traversait sa chair ne disparaît pas, mais à travers les tremblements il découvre qu'il a trop chaud ; il sent la sueur rouler le long de son cou, se balancer au creux de ses épaules ; c'est ce manteau noir, songe-t-il, il absorbe trop la lumière du soleil. Subitement, il se rappelle pourquoi, autrefois, il ne jurait que par le blanc. Couleur salissante, elle rejetait de lui cette fournaise qui désormais s'acharne sur son être.

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