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better dead than alive. (astérion)
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HÉRITAGE : manipuler l'air - un héritage bien pratique qui lui permet de retrouver plus ou moins la parole dont les museleurs l'ont privé.
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Le corps du monde

 le 3/4/2017, 21:42

La peur.
Grandissante à chaque pas.
Amenant peu à peu son âme à succomber.
Ah, s'il savait ce qui l'attendait.
Mais ce n'est pas pour l'instant.

Les Bains de piques auraient pu être splendides si son destin n'avait dû s'y jouer. Il ne s'appelait pas encore Musei, à l'époque, et de parole, il était bien doté. Il ne songeait pas un seul instant que l'on pût l'en priver - cela ne s'était encore jamais fait. S'il avait su ce qui allait arriver, il aurait songé à en faire davantage usage, tant qu'il le pouvait. Mais il n'avait jamais possédé le don de prévenir l'avenir et il n'avait pu éviter l'inévitable.
Les grandes colonnes rocheuses projetaient au sol des ombres de petite taille, mais marquées - le jour éclatait en couleurs lumineuses entre elles. En temps normal, les marchandises s'étalaient, offertes aux regards des passants et aux bourses de ceux qui pouvaient se les payer - des étoffes, des parfums, de la viande, du bois coloré... - mais tout avait été remballé à l'annonce du dernier décret du roi - décret qu'il aurait été bien en peine de connaître, puisqu'on s'était saisi de lui si tôt arrivé. La voix du héraut se perdait entre les colonnades et ne lui parvenait plus que sous la forme d'un murmure cotonneux qu'il aurait pu prendre pour le champ d'un lointain ruisseau serpentant vers la liberté. Quelle belle image ; insupportable - il avait envie de frapper, mais les gardes le tenaient fermement pour l'empêcher de se débattre et de se défaire de leur prise. Ils lui coupaient si bien la circulation que ses doigts avaient blanchi, et le bout de ses bras aurait été inutilisable s'ils l'avait lâché. Il était seul, entouré de soldats hostiles, et chaque pas qu'il faisait le rapprochait d'une zone plus sombre et plus discrète ou la lumière parvenait plus difficilement à disperser l'obscurité du marbre. Mais il y avait encore quelque chose qu'il pouvait faire. Il se savait innocent de toute accusation qu'on pourrait lui faire - ne restait qu'à en convaincre les gardes qui faisaient de grands efforts pour ne pas croiser son regard et pour le faire avancer vers l'endroit où ils comptaient l'emmener.

« Je n'ai rien fait, affirma-t-il d'une voix assurée où perçait pourtant un soupçon d'anxiété. Vous ne pouvez pas me retenir contre mon gré. »

Les gardes ne dirent rien pendant un instant. Peut-être aussi trouvaient-ils excessif le traitement qu'ils lui réservaient. Mais l'un d'eux, un peu plus téméraire que les autres, peut-être, ou peut-être encouragé par les regards qu'il avait échangé avec ses collègues, lui assena un petit coup dans la nuque.

« Venir en retard à la présentation des décrets, c'est un crime, vous savez. Ça ne l'était peut-être pas avant, mais ça l'est maintenant...
- Et comme j'étais censé le savoir, moi ? répliqua-t-il avec humeur.
- Vous pouviez pas. Mais c'est comme ça. Maintenant vous savez et vous recommencerez plus. Enfin... je crois. »

Il avait pris un air hésitant, comme s'il doutait que son prisonnier eût de nouveau l'occasion de se présenter à un tel événement. Puis, regrettant d'avoir pris ce ton, il redonna un coup à la nuque de celui qu'avait été Musei, comme s'il le tenait coupable d'avoir fait preuve de pitié à son égard.
Le prisonnier, lui, avait encore de l'espoir. Il savait qu'il allait aux devants de graves ennuis, mais il n'avait pas abandonné tout espoir de s'en sortir. Au pire, il écoperait d'une peine de prison, puis on le relâcherait. Il ferait plus attention la prochaine fois. Cela, il pouvait le supporter.
Mais le regard d'Astérion lorsqu'il se posa pour la première fois sur lui, jamais.



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 le 11/4/2017, 10:50


c'était ce jour-là. celui qui devait arriver mais que l'on ne soupçonnait pas. ce jour-là où prendrait forme les prémices de la légende monstrueuse du chef des museleurs. cette histoire qui enflerait encore et encore au fil des jours qui suivraient. mais aujourd'hui, c'est le jour le plus important - ou presque. peut-être pas pour lui, mais pour cet infortuné qui recevrait en premier le châtiment exemplaire. celui qui l'empêcherait à tout jamais de prier aux déesses.
dans un coin de sa tête, il entendait le rire étouffé d'oreste qui - dans ses petites folies - se moquait toujours de son sérieux. son sérieux de soldat, d'exécutant zélé à l'adresse vantée. son sérieux d'homme droit, et maintenant d'homme-chef. sa parure de bête qui transpirait dans son regard de loup rendait l'homme effrayant et moins homme finalement. et il restait sérieux, cillant à peine, le regard dans le vague, alors que l'on conduisait au nouveau bûcher de cette ère le premier. astérion était assis sur une modeste chaise de bois, les mains devant lui, le dos voûté.  il pensa à sa trace. inchangée depuis si longtemps, en se demandant si elle pouvait en ce jour baisser drastiquement ? ou si encore une fois, son indifférence le préserverait d'un quelconque sentiment de culpabilité. l'ennui planait au dessus de sa tête comme un oiseau de mauvaise augure.
mauvaise augure pour ce pauvre remuant que des gardes peu soigneux traînaient avec force et cruauté vers l'antre du loup. et dans la pénombre de cette enclave au milieu des bains, le loup releva son visage et darda ses yeux d'or sur cet homme plaintif que l'on menait à lui.

« assez. » dit-il d'une voix lasse, arrêtant dans son geste un des gardes. ses yeux restaient là, posés sur cet inconnu. ce n'est pas contre toi, pense-t-il. ça n'a même rien avoir avec toi. « quel est ton nom ? »
il se redressa alors, étendant son aura à l'endroit, enfermant les hommes dans cette lourde chape d'angoisse que diffusait le contraste entre sa voix au ton paternaliste et son allure de géant cruel. son nom avait une importance puisqu'il serait le premier, et qu'astérion voudrait s'en souvenir pour les années qui suivraient.





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Le corps du monde

 le 12/4/2017, 14:16

Celui qu'il était alors ne connaissait pas Astérion, il n'avait jamais entendu parler de lui. Pourquoi aurait-il fait attention à ce qui se disait sur les chiens de Pyrrhus ? Le vent lui colportait bien d'autres rumeurs autrement plus intéressantes et anodines. Il ne pouvait pas prétendre ignorer que le roi avait des projets hérétiques sur le feu, et que ses sbires l'appuyaient avec un zèle dangereux, mais il ne se sentait pas concerné : il n'avait qu'une dévotion limitée pour les déesses, qui ne prenaient pas souvent la peine de faire baisser sa trace, comme si elles n'existaient, et il n'avait pas un caractère révolutionnaire et se sentait capable de supporter le joug d'un souverain tyrannique, même si celui-ci n'avait pas toute sa tête. L'ancien Musei était changeant comme le vent et savait s'adapter à tout ce qui lui tombait dessus. Mais il n'avait pas prévu que la folie royale irait jusqu'à de telles extrémités, juste pour un étourdi comme lui.
Il n'avait jamais vu Astérion, mais un seul regard lui avait suffi pour comprendre qu'il ne pourrait jamais amener cet homme à éprouver de la pitié pour lui. L'indifférence qu'il affichait était plus cruelle encore que l'avidité qui aurait pu se lire dans le regard d'un bourreau - elle le niait totalement en tant que personne, et ce n'était pas parce qu'il lui demandait son nom qu'il en avait quelque chose à faire de son identité. Il y avait sans doute des papiers qui l'exigeaient, mais savoir qui était l'ancien Musei, peu importait. Il disparaîtrait de toute façon avec la morsure du muselage. Le savait-il, Astérion ? L'avait-il même prévu ?
Il en oublia de se débattre, de s'enfuir - alors que son cœur le suppliait de toutes ses forces de s'éloigner au plus vite, de mettre de la distance entre ce grand homme et lui, de se mettre en sécurité le plus loin possible. Même les soldats n'étaient pas indifférents à ce qu'Astérion dégageait - ce mélange de force et d'autorité qui ne forçait pas le respect mais éveillait la crainte. C'est là qu'il sut au fond de lui qu'il était foutu - même s'il ne voulait pas le reconnaître. Il puisa au fond de lui un peu de bravoure - ou peut-être était-ce de la bêtise qu'il nommait insouciance - pour lui répondre :

« Pour quoi faire ? »

Il ne voulait pas dire son nom - il avait l'impression qu'il pouvait encore s'en sortir s'il se taisait. Tant que son nom n'était pas connu, s'il s'échappait, on ne pourrait pas le retrouver. S'il parvenait à s'échapper... il formulait ce projet dans sa tête, mais il avait déjà abandonné la partie.
Imbécile, il ne te laissera jamais partir d'ici aussi facilement.
Il se crispa, comme si ce refus allait inciter Astérion à se mettre en colère, mais il se doutait bien que pour ce dernier, son opposition avait la force d'une brindille et qu'il l'écarterait comme on éloigne un insecte insignifiant. Malgré lui, il baissa la tête - il avait perdu.

« Pourquoi ? » demanda-t-il dans un souffle désespéré.



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 le 17/4/2017, 16:24


il s'attarde aux détails, nombreux, aux infimes traces et rictus qui passent et disparaissent sur le visage de cet homme. il s'étonne de l'ironie de leurs ressemblances capillaires parce que c'est bien la première fois qu'il croise quelqu'un arborant une chevelure argent comme lui. et la dernière fois aussi, peut-être. ça n'a que peu d'importance finalement. il délivre une lame de ses nombreux fourreaux portés à la ceinture. elle luit. la poignée est ornée de jade et d'ambre. un dague magnifique, un présent peu commun, une œuvre d'art meurtrière. le loup fait tourner sa lame entre ses doigts, observant toujours le visage de sa victime. il étudie la dernière lueur de défit qui illumine un instant les yeux qui le scrute. puis il se baisse à nouveau, grattant le sol avec la pointe de sa lame, dessinant au sol des arabesques comme celles que l'on esquisse sur ses cahiers lorsque l'on s'ennuie à l'école.
un léger signe de la main et les gardes s'éloignent du maudit. ils se mettent à leurs places respectives, bloquant habilement chaque issues, chaque petits ersatz d'espoir vaillant encore présent. la poussière retombe.

« tu n'as pas besoin de savoir pourquoi. ça ne changera rien à cet instant. »

son ton est si lasse, si calme. il se redresse et se lève enfin de sa chaise. le bois craque sous l'effet du poids dont il se déleste. et sa taille imposante devient alors monstrueuse et énorme, tellement flagrante dans cet espace réduit, au milieu des ces petits soldats de plombs si bien rangés sur les côté.

« tu vas souffrir. »
il souffle, presque désolé. il prévient, comme si ça pouvait atténuer les souffrances à venir. la lame luit d'un nouvel éclat tandis qu'il pose la pointe de sa lame sur l'épaule de l'homme à ses pieds.
« j'essaierais de le faire le plus proprement possible. mais je ne suis pas sûr d'y arriver rapidement. »

et d'un geste, il attrape l'homme de sa main libre pour l'asseoir sur la chaise. ses paroles s'envolent pour disparaître et à la lueur vacillantes des petites fenêtres, il apparaît alors qu'astérion recèle bien plus de violence et de brutalité qu'il ne le montre. un éclat furieux anime ses pupilles mais son visage n'est qu'ennui. il enfonce sa lame dans l'épaule de l'homme et l'y laisse là, comme excalibur dans son rocher.

« c'est la dernière fois que tu pourras le dire alors, je te le demande une nouvelle fois : quel est ton nom ? »




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Le corps du monde

 le 20/4/2017, 22:32

Le cœur qui cogne couronne la scène d'un rythme belliqueux, et pourtant cela ne l'empêche d'entendre tout ce qui se passe et d'être conscient de la terrible situation dans laquelle il s'est mis. Sa question ne rencontre d'abord que le silence, cruellement souligné par le battement cardiaque, mais le sifflement de la lame sortie de son fourreau résonne bientôt par dessus le rythme et dessine une mélodie de souffrance chargée de lourdes promesses. Il a du mal à s'empêcher de tressaillir - à vrai dire, il ne voudrait pas, il voudrait être brave, mais sortir une arme devant lui alors qu'il ne peut pas se défendre relance les spéculations de son esprit. Il s'imagine un instant qu'Astérion en fera usage contre lui, puis il comprend très vite, en ne voyant pas le loup bouger, qu'il ne compte pas s'en servir pour le moment, mais seulement l'impressionner. Cela le rassure un court instant ; il estime que sa bravade a fait mouche et qu'Astérion fanfaronne plus qu'il ne le menace. Même s'il ne croit pas totalement à ce mensonge, s'y rattacher est la seule chose qu'il peut faire dans sa situation, et il se répète mentalement que tout va bien, qu'il ne risque pas grand chose. Cruel mensonge que celui-là, puisqu'il a déjà été arrêté sans culpabilité - le pire peut encore lui arriver, mais il préfère ne pas le voir. Il se détend presque en contemplant les motifs que le bourreau dessine au sol - à cette torture-là, il peut résister.
Puis Astérion brise l'équilibre en repoussant les gardes loin de l'ancien Musei, et se lève pour révéler sa haute taille - mais cela n'impressionne pas le prisonnier, qui considère que c'est dans ses yeux que repose le plus grand danger. Il n'a pas besoin de baisser les siens pour les éviter, et ce n'est pas plus mal - et lui-même n'est pas exactement petit. Les questions se bousculent dans sa tête, mais aucune ne trouve de réponse. La logique s'est enfuie en même temps que la raison - car cette mascarade cruelle est profondément irrationnelle, et il se demande pourquoi il est le seul à s'en rendre compte. Il va souffrir ? Qu'est-ce que cela signifie, que cela ? Il ne connaît pas vraiment la souffrance, et pourtant, il la craint. Il craint plus encore la souffrance physique que la mentale, preuve qu'il ne sait pas vraiment encore de quoi il parle. Il jette des regards apeurés de tous les côtés, mais le mur militaire est trop épais pour être percé ; et pourtant il rêve de s'y jeter dessus de toutes ses forces pour les forcer à lui céder le passage. Il ne veut pas souffrir, c'est une certitude, et il sent un instinct primaire de survie lui remonter doucement la gorge et le transformer en bête acculée.
La lame, en se posant sur son épaule, lui fait comprendre ce qui va se passer - pas exactement ce qui va se produire, car son imagination est trop pure pour envisager un tel sévisse, mais il sait. C'est dans sa chair que la lame, qui flirtait quelques secondes plus tôt avec le sol, va s'enfoncer. Elle tracera des sillons carmins dans son corps moelleux et trouvera le chemin jusqu'à son âme, qu'elle trouera de coups furieux. Elle fera de lui un être moins qu'humain - celui que l'on appellera Musei, à défaut de pouvoir lui donner un autre nom. Elle lui volera ce qu'il peut voler. Mais il ne va pas jusque là : il aura mal, c'est une certitude, et cette pensée le glace en profondeur.

« Non, vous ne pouvez pas ! » glapit-il faiblement alors qu'Astérion l'enfonce dans la chaise où il va opérer - ultime geste de bonté qu'il n'est bien entendu pas en état d'apprécier.

Les battements de son corps sont si forts, et pourtant, ils ne couvrent pas la voix de son bourreau. Il aimerait se débattre, mais il ne s'en sent pas vraiment capable. Il ne se préoccupe plus de paraître fort ou brave, seule la survie compte, et il se sent prêt tout à coup à toutes les faiblesses, à toutes les bassesses pour rester en un morceau. Des sanglots se mêlent à ses paroles et coulent sur ses joues, mais il ne songe pas à les détester. Il repense furtivement à l'innocence de sa vie et se demande comment son existence a pu se gâter en l'espace de quelques minutes. Il veut parlementer, comprendre l'incompréhensible, arrêter l'instoppable, il veut revenir en arrière, il ne veut pas être là mais ailleurs, il a peur et menace d'étouffer.
La morsure de la lame dans sa chair - geste exécuté avec un naturel indifférent de la part du bourreau, mais qui lui arrache un premier cri de douleur - avant qu'il ne puisse plus en pousser. Il s'est déjà, mais la douleur n'a aucune commune mesure avec ce qu'il ressent. Pour Astérion, ce coup de poignard n'est rien, mais pour lui, c'est tout. C'est un avant-goût de ce qui l'attend, le début de sa torture, et il ne sait pas comment il pourra y résister. Il serre les dents si fort qu'il pourrait les casser, mais il ne peut empêcher son souffle rauque de s'échapper en rafales affolées de sa poitrine. On l'entend, sa respiration a changé, elle s'est mêlée des effluves de la peur et de la crispation de la douleur qui irradie de son épaule. Il ne pense même plus à regarder son bourreau : ses yeux sont tombés à terre, pendant que sa main valide sert son poignet tendu et observe une rivière rouge serpenter sur sa peau. Il ne voit pas comment on peut se détacher de tout cela. La voix d'Astérion lui parvient, distante, presque étouffée, et l'enjoint à lui révéler son nom. Ses muscles se crispent encore davantage - et cela ne lui fait pas du bien.

« Non, jamais. »

Pourquoi cette résistance futile qu'il ne saurait expliquer ? Pourquoi rejeter la possibilité de passer pour un être humain aux yeux de celui qui allait le priver de cet état ? Peut-être, justement, parce qu'il refuse toute compassion de la part de celui qui va le mutiler. Astérion éprouve des regrets ? Ah, la belle affaire ! Ne fais rien, dans ce cas, mais n'accomplis pas ton devoir comme s'il te pesait. Ne lui annonce pas qu'il va souffrir comme si cela te peinait. Ne cherche pas à donner un nom à celui qui n'est qu'objet entre tes mains. Cela ne servirait à rien.
Et le bourreau ne fais qu'entamer sa transformation en monstre.
Le prisonnier resserre la prise sur son bras, plombé par le poids de la lame que l'autre n'a pas jugé utile de retirer. Il devrait relever la tête pour lui faire face, mais il ne peut pas, et les larmes ne se gênent plus pour couler. Quelque part dans le magma confus de ses pensées, l'envie de vérité parvient à surnager. Il s'y accroche comme il peut, c'est sa dernière bouée.

« En revanche... » ses mots sortent saccadés de sa bouche, et il ne sait pas encore que ce sont les derniers. « j'aimerais comprendre pourquoi vous faites ça. Pour quelle raison je dois souffrir, au juste ? » Il reprend brièvement son souffle pour ne pas s'arrêter en cours de route. « Je vous le répète, mais je n'ai rien fait. »

Sa voix tout à coup porte et atteint les soldats disposés en cercle autour d'eux - mais mal à l'aise, ils n'osent guère plus que se secouer un peu. Pourtant, le prisonnier ne les regarde pas, il ne s'adresse qu'à Astérion qu'il rêve à présent de bousculer. Il ne fait que dire la vérité, il n'est pas coupable, et il n'a rien fait pour mériter d'être arrêté. Son plus grand crime est d'avoir prétendu un jour pouvoir s'envoler - mais il a déjà été châtié pour cela, par la chute très mauvaise qu'il a faite et qui l'a ramené sur Terre. Cette violence-là était juste.
Mais celle qu'on lui promettait ne l'était pas.



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 le 24/4/2017, 22:21


il a eu fait des choses plus terribles encore que cela, plus noires, plus inavouables. et il en fera d'autres, bien sûr. puisqu'il est le loup, la gueule pleine de crocs que lance la royauté sur tous les infidèles. il ne saurait dire ce qui anime son cœur en cet instant - ni ce qui fait vibrer son bras. ses yeux aux reflets d'or suivent la course descendante du sang qui s'écoule avec lenteur de la plaie, qui imbibe le tissu et auréole cette épaule de carmin.
martyre, tu seras. pour te racheter auprès du monde.
astérion se prend en pitié, créateur omniscient de ce qui sera l'homme d'après celui-là. il imprime dans sa rétine l'image du monstre qu'il devra colporter autour de lui, preuve vivante qu'il ne faut pas prendre à légère la menace de la Bête.
et il serait bien désolé, astérion, bien triste si il le pouvait. mais c'est impossible, on lui interdit de ressentir ce genre de choses. la barrière de son esprit a depuis un certain temps maintenant étouffé son cœur palpitant. et il vit reclus dans les méandres gris de cet âme-muraille qui fait de lui ce qu'il est. l'or de ses yeux est froid. il est idiot, le petit agneau cendre assis sur sa chaise. il souffre, souffle et sa complainte se perd contre les murs qui les entourent. aucun garde ne bouge, certains osent à peine respirer.
astérion pousse un soupir las en entendant la voix tremblotante de sa proie.

« il n'y a pas de raison précise, tu étais juste au mauvais endroit au mauvais moment. que tu ais fait ou non quelque chose n'a pas d'importance. »

tu n'as pas d'importance - pas encore - semble dire ses yeux et il retire alors la lame enfoncée quelques secondes plutôt. la plaie s'ouvre délicatement, le sang coule plus fort, le tissus s'imbibe ( encore ). il se tâte, astérion il se questionne. comment faire. il ne voudrait pas que ce soit trop. ni pas assez. il voudrait réussir du premier coup mais personne n'est parfait. il voudrait beaucoup de choses finalement mais ne se contente que du peu qu'on lui donne.

« c'est ce que je vais faire moi qui en a une. » murmure-t-il, principalement pour lui-même. il fait un signe a un des gardes. un bref hochement de tête et on lui tend une sorte de pique, quelque chose de fin et d'acéré. de blessant. et d'un geste violent mais précis il écrase la gorge de l'homme assis avec sa main immense. il sent contre sa peau la chair qui s'écrase - le cartilage qui s'enfonce. il sent la rage, sa colère. et il la contient, la retient, car elle n'est pas pour lui, lui n'est qu'un moyen.





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Le corps du monde

 le 29/4/2017, 20:13

Il est évident que cette raison ne lui convient pas.
Comment pourrait-elle d'ailleurs lui convenir ?
Il ne croit pas vraiment au hasard, sans tout à fait le rejeter - il veut bien croire qu'on peut jeter un dé sans connaître le résultat à l'avance - mais il ne croit pas aux concours de circonstances. Mauvais endroit, mauvais moment, ce n'est pas satisfaisant, comme explication. On ne torture pas les gens pour si peu.
Alors il cherche la raison dans les yeux glacials d'Astérion - il recherche la moindre petite tache qui pourrait éclairer son caractère, la moindre noirceur qui le gangrénerait, la moindre irrégularité qui témoignerait de ses déviances - mais il ne voit pas grand chose. Il essaie de comprendre, mais il ne peut que supputer. Ce sont les fous qui font souffrir sans raison, parce qu'ils y prennent un plaisir coupable et qu'ils se saisissent de l'occasion lorsqu'elle leur est donnée. Le bourreau se fait trop raisonnable pour en avoir conscience, mais seul le goût du sang et des larmes arrachées peut faire frémir les hommes comme lui. Ils y trouvent une extase morbide que les plus doués d'entre eux cachent derrière des airs affables et des soupçons de civilité. Le masque d'Astérion est imparfait, il s'est craquelé dès que le prisonnier a posé les yeux sur lui, alors ce dernier est capable de le dire. Rien ne pourra le raisonner.
Il tremble encore et se reproche sa faiblesse, sans se douter qu'elle préfigure celle qui lui sera infligée. Il se rend compte qu'il se trouve face à un être qu'on ne peut faire plier, et le désespoir s'ouvre comme un gouffre profond en lui. Il ignorait que de telles abysses puissent exister, et encore moins dans son cœur, mais il ne voit plus de terre ferme à laquelle s'accrocher. Il flotte plus qu'il ne tombe, mais le résultat sera le même, il chutera. Il hésite à résister - cela servirait peut-être à quelque chose - peut-être à rien - empirerait-il sa situation ? La lame qui se retire lui arrache un autre grincement - il aimerait pouvoir dire qu'il est au-delà de la douleur, mais il n'a fait que la goûter, et son désespoir est incapable de la masquer. Il la sentira jusqu'au bout de son calvaire, et chaque seconde lui semblera plus douloureuse que la suivante. Mais il n'a pas encore pris pleinement conscience de ce qui lui arrive - il pense avoir touché le fond, mais il se fourvoie encore, et ça fait mal au cœur de le voir avec un soupçon d'espoir qui sera bien vite soufflé.
Sa main remonte à la hauteur de la blessure en un geste stupide pour arrêter l'écoulement - mais il n'aurait jamais assez de main pour tout contenir. Bien sûr, il veut vivre, il veut survivre, et il essaie encore de se protéger. Il se recroqueville, non parce qu'il a peur, mais parce qu'il veut dérober son torse à un potentiel coup de couteau. Sauf que ce n'est pas ce qui se déroule. C'est sa gorge qui subit une pression inattendue - il se met à étouffer. Ses mains se tendent vers elle pour essayer de la libérer, mais il n'arrive rien à saisir. Il panique, il se débat, tente de frapper avec ses jambes mais ne rencontre que du vide. Il ne se sert plus de ses yeux qui se colorent de points noirs, ne voit plus le regard d'Astérion, bien qu'il le ressente encore comme une brûlure. Il étouffe encore, et il se croit sur le point de défaillir, et il se demande un bref instant s'il va mourir - mais il croit comprendre qu'il doit souffrir et que l'asphyxie ne le tuera pas. Hélas, peut-être, car le pire ne lui a pas été annoncé.
Mais enfin, il sait qu'il ne va pas mourir encore.





    « Oui, il est rouge, comme le sang qu'il fait gicler, maculant son teint blafard d'une couleur bien trop vive, de celle qui imbibe les corps quand les veines éclatent. » Caïn« Il est rouge Caïn, lueur carmine de démence, brûlant comme le soleil, chaud comme un brasier incandescent capable de tout ravager sur son passage. » Caïn« Vous ne savez pas ce que cela fait de ne plus pouvoir parler. Je peux vous dire que cela me rend fou. C'est d'ailleurs pour cela que je m'adresse à vous : j'aimerais que vous m'écoutiez. » Musei« Sa voix te parle et elle est aussi lointaine qu'un rêve et aussi proche qu'un cauchemar. » Reine« Je ne mens jamais. encore un mensonge. on croirait presque que tu les collectionnes comme ces petits cadavres d'oiseaux ; que tu les étiquettes avec soin et délicatesse. » Reine« Theo a l'habitude de la peur. Alors il veille. Il attendra en silence que Caïn se réveille. » Theo« Il voudrait leur jurer qu'il sera un bon prince, le meilleur des petits princes, qu'il serait capable de tisser des couvertures d'étoiles pour protéger leurs épaules. » Le Petit Prince« Est-ce que parler c'est encore mourir ? parler, c'est certainement souffrir. oui. » Alphonse« (...) juste la froideur d'un homme qui se sent mal et n'a guère envie de se trouver vulnérable face à une femme qui est responsable de sa douleur. » Theo« Parce que t'es "l'ami" Theo ; on en a souvent qu'un seul durant toute une vie, un véritable ami, celui au côté duquel on est honoré de se tenir debout fièrement ; mais lui ne pourra jamais être totalement dressé sur ses deux jambes, il ne pourra jamais être véritablement fier d'être à côté de toi. » Caïn « Tes yeux s'accrochent à lui et ils ne fixent bientôt plus que lui, rien d'autre, et tu crois voir ses yeux directement dans les tiens pourtant tu es dans l'ombre et lui la lumière. » Elleipsis« Allez. Contredis-moi avec un sourire. » Velvet« Après un temps de latence, de pour, et de contre, elle finit par s’agenouiller au pied des étoiles, et d’un geste prudent, retira lentement le ruban autour de son poignée pour dévoiler sa trace. Ses mains se joignirent ensuite dans une volonté religieuse, et elle adressa quelques prières aux déesses. » Velvet« Et il pleut dans son cœur, mais rien sur ses joues, rien ne dégouline sur son visage ravagé par l'amertume et la colère. » Caïn« Je pensais qu’il n’y avait personne, parce que personne ne vient jamais. » Le Petit Prince« Parce que tu rêves de pouvoir simplement dire : laissez-moi vivre encore jusqu'à demain. » Narcotique« Maman disait toujours qu'altaïr avait des étoiles dans les yeux, que son nouveau prénom lui allait bienMaman disait toujours qu'altaïr avait le soleil dans les cheveux, qu'il brillait tellement qu'on le voyait de très loin » Altaïr« le monde est beau, ou tout du moins le sien.» Croatoan« il se déshumanise, car c'est si dur d'être humain. » Croatoan« Mon cœur est si faible, il s'accroche à des brindilles, et je finis toujours par en pleurer. » Musei« Maintenant, tout était passé ; je recommençais à éprouver de l'espoir. Au départ, je pensais que je reverrais, mais l'espoir avait été douché. » Musei« Et peut-être que si ce n'est pas mort, mais pas en vie, c'est que c'est parti. Que ça va revenir un jour. » Le Petit Prince« S’il était une tempête, elle était le phare qui lui survivait. » Velvet« il prend la vie comme elle vient, se vautre dedans quand elle est douce, se protège quand elle sort les griffes. » Opal« Et si la sincérité, le mensonge, l’ordre et le chaos avaient une odeur alors elle serait cendre et sève, poivrée et cèdre, ravage ou terre de nouveau fertile… Belâme est une montagne escarpée qui se rit des oiseaux et de la terre. » Belâme« Il y a le diable qui rampe sous sa peau, des rides de fatigue qui saignent son regard ; les élans d'épinéphrine secouent sa carcasse d'ivoire, métastases rampantes, frénétiques et nauséabondes, hurlements latents, dévorent et inondent. » Légion« astérion ne versera pas de larmes, les hommes comme lui sont des sources taries. » Astérion« Oui, pourquoi Ange ? Idiote, crétine, abrutie. Elle aurait aimé lui balancer toutes ces insultes à la figure, la jeter par la fenêtre, pour ne plus avoir à supporter la vision de ces deux yeux qui la fixent, de ce regard qui s’échappe, qui s’envole, qui se présume débordant de vérité, alors qu’il baigne dans l’atrocité ; poison malhabile. » Alexie « Mais si, au moins, il pouvait retrouver sa voix, peu importe la laideur de son visage et la faiblesse de son corps, peut-être Musei pourrait-il ainsi retrouver un semblant d'humanité. » Musei « Brave, elle ne le savait pas : mais elle endurait le sel et le sang - elle pleurait mais n’arrêtait pas sa marche : ni le roi et ses chiens, les déesses et leurs infidèles en deuil. » Ange « et c'est autre chose qu'il récolte à chaque nouvelle rencontre, à chaque chemin qu'il emprunte. et il aimerait dire que ça le rassure, qu'il est presque prêt à refaire partie de ce monde... mais ce serait faux. » Alphonse « il fait face à son angoisse et elle est trop forte, trop noire. elle est comme l'eau sans-fond et l'aspire encore vers le néant. il n'a pas assez de force pour se raccrocher aux berges de sa vie, pas encore. » Alphonse « Elle paraît un peu ailleurs, absorbée au cœur de rêves trop grands pour elle et à la poursuite desquels elle ne cesse de courir que pour prendre soin de la forêt de Jade, dans l'espoir qu'un jour la forêt sache lui dire où est cachée la vérité. » Anémone « Anémone voudrait être juste, mais elle n'est que vraie. Anémone voudrait être révoltée, mais elle n'est que passionnée. » Anémone « Alors YARŪ retourna dans sa montagne, où le silence est bavard, la nature simple et vraie. » YARŪ « Sa petite main dans la tienne, son cœur qui imitait le rythme de tes pas, son sourire passerelle, ses yeux plein d'étoiles. » Anémone « Etre d’une exceptionnelle tolérance et d’un amour qui paraissait sans fin, avait toujours été la qualité la plus extraordinaire de son père. Pour autant, la douceur satinée de ses mots ne parvenaient jamais à suturer la culpabilité qui la rongeait. Ils étaient comme des bandages alors que Camille avait toujours voulu un remède. » Camille « Cette violence-là était juste. Mais celle qu'on lui promettait ne l'était pas. » Musei « leur douce chaleur pour remplacer le verre en bonheur » Bless « sublime fantaisieterrible maladieô la tristeb l a s p h é m i e » Bless « Jusqu’à ce que Pyrrhus parachève les faux-semblants et les brise au sol en des milliers de morceaux coruscants. » Silas « Et son poing s’écrase dans le ventre d’Augustin. A ta connerie, Augustin. A notre amitié. » Silas « Ses mains frémissent. Il aimerait le tuer, là, sur le champ. Ecraser ses hérésies sur le sol et les piétiner avec véhémence. Il aimerait tout détruire, tout réduire à néant. Mais il y a cette lueur, ce truc pourri au fond de son cerveau – ou au fond de son cœur – qui l’empêche de tout briser. » Silas